Communiqué de presse

Amnesty International : des gouvernements de par le monde continuent de tolérer l’homophobie

Certains gouvernements dans le monde ne se montrent pas à la hauteur des obligations qui leur incombent de protéger les droits des lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexués (LGBTI), a déclaré Amnesty International à la veille de la Journée internationale contre l’homophobie.

« À l’approche d’une série de marches de la Fierté, les gouvernements dans le monde doivent se mobiliser et remplir leur devoir qui consiste à permettre aux citoyens de s’exprimer, sans craindre les violences homophobes, a déclaré Michael Bochenek, directeur général chargé du droit international et de la stratégie politique au sein d’Amnesty International.

« Les dernières marches de la Fierté ont été visées par des interdictions et des attaques violentes ; cela ne peut continuer ainsi. La discrimination et les restrictions imposées aux droits à la liberté de réunion et d’expression gâchent la vie des personnes LGBTI de par le monde. »

Dans plusieurs pays, on constate une absence de volonté de remédier à l’homophobie et à la transphobie. Les autorités de certains pays vont même jusqu’à encourager ces pratiques en adoptant et en appliquant des lois et des règlements qui compromettent les droits des personnes LGBTI de s’exprimer librement – en violation des obligations internationales des États.

Les personnes LGBTI sont fréquemment en butte à des violences lors des marches de la Fierté, ainsi que dans leur vie quotidienne. Bien trop souvent, la police ne mène pas d’enquête approfondie sur ces agissements.

« Il est scandaleux qu’en 2014 les autorités de par le monde ne légifèrent pas contre les crimes de haine homophobe ou transphobe ni n’enquêtent sur ces actes. Il est consternant de constater que dans de nombreux pays, les personnes LGBTI sont elles-mêmes inculpées de charges pénales et victimes de la violence d’État, a déclaré Michael Bochenek.

« Chacun doit pouvoir jouir de tous ses droits fondamentaux sans discrimination, notamment fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. »

Cette année, Amnesty International concentre son attention sur plusieurs pays où il faut sans délai améliorer la situation.

Cameroun : Les violences, les arrestations et les détentions arbitraires motivées par l’orientation sexuelle réelle ou présumée sont monnaie courante. Le Code pénal du Cameroun érige en infraction les relations sexuelles entre adultes de même sexe, crime passible d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.

Haïti : Les comportements envers les personnes LGBTI sont devenus de plus en plus hostiles depuis le tremblement de terre du 12 janvier 2010, lorsque des groupes religieux qui fournissent de l’aide à Haïti ont affirmé que l’homosexualité était la cause de cette catastrophe naturelle. En novembre 2013, des hommes armés de machettes et d’armes à feu ont roué de coups deux membres d’un groupe de défense des droits des LGBTI dans leur local à Port-au-Prince.

Russie :
Une loi de 2013 proscrit tout événement public organisé par des personnes LGBTI. Plusieurs rassemblements pacifiques ont été dispersés par les autorités au titre de cette loi homophobe. La police manque systématiquement à son devoir de protéger les personnes LGBTI contre les agressions violentes.

Serbie : Une marche de la Fierté prévue le 31 mai risque d’être interdite à la dernière minute. Depuis 2011, les autorités ont interdit des marches de la Fierté en raison de menaces émanant de groupes homophobes. En 2010, une manifestation a été ternie par 6 500 contre-manifestants en colère.

Ouganda : Le 23 février, le président a promulgué une loi contre l’homosexualité qui prévoit la détention à perpétuité pour les relations sexuelles entre adultes de même sexe et permet l’extradition d’Ougandais ayant des relations homosexuelles à l’étranger. Les attaques violentes, les arrestations arbitraires et la torture et les mauvais traitements dont sont victimes les personnes LGBTI se poursuivent à une fréquence alarmante.

Ukraine : Après avoir été bannie du centre-ville, la première marche de la Fierté de Kiev s’est tenue en 2013 dans un lieu isolé. Des contre-manifestants ont malgré tout tenté de la disperser, lançant des pétards et déchirant des banderoles. Les organisateurs de la marche de la Fierté prévue du 5 au 7 juillet 2014 ont reçu des menaces ; le gouvernement refuse de légiférer contre les discriminations ciblant les personnes LGBTI.

Depuis les années 1970, les marches de la Fierté sont une occasion cruciale pour les personnes LGBTI de mobiliser contre l’homophobie et la transphobie, de lutter contre la discrimination, de jeter des passerelles avec la société majoritaire, et de rappeler clairement aux autorités qu’elles sont tenues de garantir les droits de tous les citoyens.

« Bien trop souvent, les autorités cherchent à se soustraire à leur responsabilité de garantir le droit des personnes LGBTI d’organiser des rassemblements, d’être visibles et d’être intégrées dans la société majoritaire. Alors que des marches de la Fierté sont organisées de par le monde, il est temps que les gouvernements fassent preuve de détermination et garantissent ces droits élémentaires », a déclaré Michael Bochenek.

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