Communiqué de presse

Amnesty International exhorte la communauté internationale à protéger les réfugiés somaliens

En cette Journée mondiale des réfugiés 2011, il faut que le monde se préoccupe de la protection des droits fondamentaux des réfugiés somaliens, a déclaré Amnesty International lundi 20 juin.

Un grand nombre de ressortissants somaliens continuent à fuir dans les pays voisins pour chercher refuge et protection, loin du conflit armé sans fin, de la crise des droits humains et de l’urgence humanitaire que connaissent le sud et le centre de la Somalie. Une fois qu’ils ont quitté leur pays, cependant, de nombreux réfugiés somaliens sont exposés à de nouvelles violations des droits humains.

D’après l’agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), à la fin avril 2011, 1,46 millions de Somaliens avaient été déplacés à l’intérieur de leur pays et plus de 732 000 étaient enregistrés comme réfugiés dans les pays voisins. Plus de 350 000 réfugiés, pour la plupart des Somaliens, vivent dans les camps de Dadaab dans le nord-est du Kenya, ce qui en fait le plus grand camp de réfugiés du monde. Le Kenya accueille une très grande partie des réfugiés somaliens. Plus de 40 000 Somaliens sont arrivés au Kenya pour la seule période allant de janvier à fin avril 2011.

Amnesty International a précédemment attiré l’attention sur la manière dont la surpopulation dans les camps de Dadaab, à l’origine construits pour accueillir 90 000 personnes, réduit l’accès des réfugiés à certains services essentiels - abri, aide médicale, eau et éducation. Amnesty International a recensé des violations des droits humains dont des réfugiés somaliens ont été victimes, notamment des brutalités policières et des retours forcés attribués aux forces de sécurité kenyanes.

Alors que le monde s’apprête à commémorer le 60e anniversaire de l’adoption par les Nations unies de la Convention relative au statut des réfugiés, le 28 juillet 2011, la communauté internationale peut et doit en faire davantage pour protéger les droits des personnes fuyant la Somalie. La Convention sur le statut des réfugiés est le principal traité juridiquement contraignant définissant les droits des réfugiés.

Dans un esprit de partage des responsabilités, la communauté internationale doit fortement augmenter le nombre de réinstallations de réfugiés somaliens, hors du Kenya et d’autres pays de la région, dans des pays tiers où ils seront en sécurité, afin qu’ils puissent enfin exercer l’ensemble des droits qui sont les leurs en tant que réfugiés. Cela ne doit pas se limiter à un geste symbolique.

Amnesty International demande au gouvernement kenyan de permettre immédiatement aux réfugiés de s’installer dans l’extension Ifo II du camp de réfugiés de Dadaab. La communauté internationale doit également assumer ses responsabilités et réinstaller les réfugiés somaliens, en accordant la priorité aux personnes les plus vulnérables.

Les États doivent par ailleurs soutenir l’appel du HCR quant à la réinstallation d’urgence des personnes déplacées de force par le conflit armé en Libye, parmi lesquelles de nombreux réfugiés et demandeurs d’asile somaliens.

Il faut aussi que la communauté internationale rejette et dénonce catégoriquement les tentatives visant à renvoyer des personnes dans le sud et le centre de la Somalie. Le Kenya n’est pas le seul État essayant de pratiquer des renvois forcés vers ces zones. En 2010, l’Arabie saoudite, le Canada, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède ont également tenté de renvoyer ou renvoyé des personnes de force vers le sud et le centre de la Somalie, ignorant ouvertement les consignes actuelles du HCR, qui déconseille tout renvoi de ressortissants somaliens vers ces régions du pays.

Les États doivent publiquement déclarer qu’ils ne renverront personne vers le sud et le centre de la Somalie tant que les individus concernés courent un risque réel d’être gravement maltraités sur place.

Pour en savoir plus, reportez-vous au document d’Amnesty International intitulé From Life Without Peace to Peace Without Life : The Treatment of Somali Refugees and Asylum-Seekers in Kenya, (index AI : AFR 32/015/2010, 8 décembre 2010), disponible sur : http://www.amnesty.org/fr/library/info/AFR32/015/2010/en (en anglais)

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