Amnesty International exhorte le président mexicain à diligenter une enquête sur des « disparitions » imputées à la marine

28 juin 2011

Le président mexicain, Felipe Calderón, doit immédiatement ordonner l’ouverture d’une enquête indépendante, effectuée par des civils, sur le sort réservé à au moins six personnes arrêtées par la marine mexicaine début juin, a déclaré Amnesty International mardi 28 juin.

Dans une lettre ouverte adressée au président, le secrétaire général d’Amnesty International, Salil Shetty, a fait référence aux déclarations de témoins et aux photographies illustrant la disparition forcée présumée d’au moins six hommes entre le 1er et le 5 juin à Nuevo Laredo, dans l’État du Tamaulipas, à la frontière avec les États-Unis.

« Près de quatre semaines se sont écoulées et on ne sait toujours rien du lieu où se trouvent ces hommes ni du motif de leur arrestation par la marine », a déclaré Javier Zuñiga, conseiller spécial auprès d’Amnesty International.

« Le président Calderón, en sa qualité de commandant en chef des forces armées mexicaines, est à la tête de la chaîne de commandement. Il a ordonné aux forces armées de lutter contre le crime organisé et est en définitive responsable des violations des droits humains commises.

Il doit de toute urgence faire en sorte que le lieu où se trouvent ces hommes soit établi et que le système judiciaire civil amène les responsables présumés de leur disparition forcée à rendre des comptes. »

Les « disparus » incluent José Fortino Martínez, José Cruz Díaz Caramillo, Joel Díaz Espinoza, Martín Rico García, Diego Omar Guillen Martínez et Usiel Gómez Rivera.

Dans quatre de ces cas, des membres de la marine en uniforme ont arrêté ces hommes chez eux et les ont emmenés à bord de véhicules officiels. Dans un cas, des membres de la famille ont suivi le convoi militaire jusqu’aux portes d’une base militaire voisine.

Des parents des hommes appréhendés ont déclaré que des représentants des autorités leur ont posé des questions en relation avec la détention de stupéfiants et d’armes, mais n’ont pas présenté de mandat d’arrêt, ni révélé les motifs de l’arrestation de leur proche.

Une organisation non gouvernementale de défense des droits humains à Nuevo Laredo a reçu des informations faisant état de huit autres disparitions forcées ce mois-ci, mais les familles étaient trop effrayées pour porter plainte.

Les autorités navales continuent à nier toute implication dans ces disparitions.

En dépit de plaintes déposées auprès des autorités locales et nationales, le sort réservé à ces hommes et le lieu où ils se trouvent ne sont toujours pas connus. D’après les familles, l’enquête ouverte par le parquet fédéral n’a pas beaucoup avancé.

Le Mexique est partie à plusieurs traités internationaux visant à mettre fin aux disparitions forcées, qui sont une grave atteinte à l’état de droit pouvant même constituer un crime contre l’humanité.

« Le Mexique est confronté à une situation complexe sur le plan de la sécurité, mais cela ne doit jamais justifier que les autorités gouvernementales commettent de graves violations des droits humains ou restent passives face à celles-ci », a ajouté Javier Zuñiga.

« Le président Calderón doit délivrer un message fort afin de faire clairement comprendre que les disparitions forcées et les autres violations des droits humains commises par les forces armées mexicaines ne seront pas tolérées. »

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