Amnesty International publie un nouveau rapport sur Ferguson faisant état de violations des droits humains

L’organisation de défense des droits humains présente plusieurs recommandations essentielles pour les organes chargés de l’application des lois et les autorités aux niveaux local, étatique et fédéral en ce qui concerne le recours à une force meurtrière et le maintien de l’ordre lors des manifestations

À la suite des premières manifestations à Ferguson, dans le Missouri, déclenchées par l’homicide par balle de Michael Brown, un jeune homme de 18 ans qui n’était pas armé, Amnesty International États-Unis a envoyé une délégation comprenant des observateurs pour surveiller ces manifestations et la réaction de la police. Vendredi 24 octobre, l’organisation a publié un nouveau rapport intitulé [On the Streets of America : Human Rights Abuses in Ferguson->http://www.amnesty.be/doc/IMG/pdf/final_ferguson_report_.pdf], qui fait état des violations des droits humains auxquelles ont assisté les délégués d’Amnesty International pendant leur visite à Ferguson, du 14 au 22 août 2014. Ce rapport présente également une série de recommandations qui doivent être suivies par les responsables de l’application des lois en matière de recours à la force et de maintien de l’ordre lors des manifestations.

Du 24 au 26 octobre, des militants des droits humains se réunissent à Saint-Louis pour l’édition 2014 de la Conférence régionale du Midwest d’Amnesty International États-Unis.

« Ce qu’a vu Amnesty International sur le terrain dans le Missouri cet été a mis en évidence le fait que les violations des droits humains n’ont pas seulement lieu de l’autre côté des frontières et des océans, a déclaré Steven W. Hawkins, directeur exécutif d’Amnesty International États-Unis. Quel que soit l’endroit où elles vivent dans le monde, toutes les personnes ont les mêmes droits fondamentaux en tant qu’êtres humains – et l’un de ces droits est la liberté de manifester pacifiquement. Posté sur West Florissant Avenue avec mes collègues, j’ai vu une police armée jusqu’aux dents, avec du matériel militaire. J’ai vu une foule comprenant des personnes âgées et des enfants lutter contre les effets du gaz lacrymogène. Après ce recours à une force excessive, il faut établir les responsabilités et entreprendre des changements en profondeur.  »

Ce qui s’est passé entre Michael Brown et l’agent Darren Wilson reste incertain, en raison d’informations contradictoires. Étant donné que Michael Brown n’était pas armé, on peut se demander si l’utilisation de la force meurtrière était justifiée. Les circonstances de son homicide doivent être tirées au clair de toute urgence. L’enquête doit s’achever dans les meilleurs délais et être transparente, car cette affaire mérite d’être soumise à la surveillance du public. Le rapport d’Amnesty International engage le Parlement du Missouri à modifier la loi de cet État qui autorise le recours à la force meurtrière (Mo. Rev. Stat. § 563.046) afin que l’utilisation de cette force par les responsables de l’application des lois soit limitée aux cas dans lesquels elle est nécessaire pour protéger des vies.

Par ailleurs, le rapport explique les conséquences des réactions de la police et des autorités de la ville, du comté et de l’état sur le droit des habitants de Ferguson de participer à des manifestations pacifiques. Amnesty International a relevé un certain nombre de restrictions imposées aux manifestants, notamment des couvre-feux, des zones de manifestation désignées et une règle obligeant les manifestants à marcher continuellement. Des manœuvres visant à intimider les manifestants sont également citées dans le rapport, qui rend compte de l’utilisation de lourds équipements antiémeutes et d’armes militaires, ainsi que de pratiques de dispersion contestables, dont l’usage de gaz lacrymogène, de balles en caoutchouc et de dispositifs acoustiques à longue portée.

« C’est l’obligation de rendre des comptes qui est en jeu, a ajouté Steven Hawkins. Les événements de Ferguson ont ouvert un débat qui manquait depuis longtemps sur les tensions raciales et le maintien de l’ordre aux États-Unis. Ce débat ne peut pas être clos. Afin de rétablir la justice à Ferguson et à toutes les localités touchées par la brutalité policière, nous devons à la fois relever les injustices commises et lutter pour empêcher qu’elles ne se reproduisent. C’est un pas en avant, mais il nécessite des actions concrètes aux niveaux local, étatique et fédéral. »

Le rapport aborde également les mauvais traitements subis par des journalistes et des observateurs. Entre le 13 août et le 2 octobre, au moins 19 journalistes et autres professionnels des médias ont été arrêtés par la police, tandis que d’autres ont été la cible de tirs de gaz lacrymogène ou de balles en caoutchouc. Des reporters travaillant pour CNN, Al Jazeera America et d’autres chaînes de télévision ont signalé avoir été harcelés ou menacés physiquement. De même, des observateurs spécialisés dans les questions juridiques et les droits humains ont été arrêtés pour avoir fait leur travail.

Amnesty International émet plusieurs recommandations à l’adresse des autorités locales, étatiques et fédérales en ce qui concerne le recours à la force meurtrière et le maintien de l’ordre lors des manifestations. L’organisation renouvelle aussi ses recommandations au ministère de la Justice, à savoir de mener une enquête indépendante, transparente et impartiale sur la mort de Michael Brown, de procéder rapidement à une évaluation des tactiques et pratiques policières dans tout le pays et de publier des données nationales sur les homicides imputables à la police. Enfin, le rapport demande au Congrès des États-Unis d’adopter la Loi relative à l’arrêt de la militarisation des responsables de l’application des lois.

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