Communiqué de presse

Amnesty International rappelle au Président Obama ses engagements non tenus en faveur des droits humains dans son pays et dans la lutte contre le terrorisme

A la veille du Sommet Union européenne – États-Unis qui se tient à Bruxelles ce 26 mars, des militants d’Amnesty sont venus rappeler les revendications de l’organisation en matière de respect des droits fondamentaux sur le ton de « Yes, you can ! ».

Il s’agit notamment de :
 la responsabilité partagée de l’Union européenne et des États-Unis dans les transferts illégaux de prisonniers vers les centres secrets de détention de la CIA ;
 le respect des engagements sur la fermeture de Guantánamo ;
 l’utilisation de drones dans des attaques ciblées ;
 les défis de la politique étrangère commune dans des contextes de crise ou de transition comme en Syrie, en Ukraine et en Afghanistan ;
 le recours à la peine de mort au niveau fédéral.

« Nous attendons que les droits humains soient placés au cœur des discussions entre l’Union européenne et les États-Unis. Ce Sommet est une occasion inespérée d’aborder une série de questions cruciales et d’avoir un impact réel sur les droits humains », explique Philippe Hensmans, Directeur d’Amnesty International Belgique francophone.

Amnesty s’inquiète en effet de constater que plus de quatre ans après l’annonce de la fermeture de Guantánamo, le centre de détention soit toujours ouvert, comptant encore quelque 150 détenus, la plupart sans inculpation ni procès.

« L’échec des États-Unis à mettre un terme aux détentions à Guantánamo et à replacer les droits humains au centre de leur politique, en assumant la responsabilité et la réparation aux victimes de ces violations des droits humains, est inacceptable et donne un signal dangereux au reste du monde. Pour les dirigeants américains, les droits humains de certains individus ne valent pas la peine d’être défendus », ajoute Philippe Hensmans.

La visite du Président Obama à Bruxelles et le Sommet États-Unis – Union européenne constituent une réelle opportunité pour l’Europe d’exiger des mesures concrètes, réelles et rapides de la part des USA pour que soit mis un terme aux détentions dans ce camp, et d’obtenir que les violations des droits humains commises à Guantánamo sur le sol américain et ailleurs dans le monde soient prises en considération. Amnesty International exhorte les dirigeants européens à se montrer fermes lors de leur rencontre avec le président américain.

Par ailleurs, Amnesty International regrette qu’aucune enquête impartiale et indépendante n’ait été menée suite au rapport intitulé Serai-je la prochaine ? Attaques de drones américains au Pakistan (voir document ci-dessous) documentant des cas d’homicides potentiellement illégaux commis lors des tirs de drones américains, alors que de nombreux civils ont été tués ou blessés lors de ces attaques.

« Les Etats-Unis, premier pays à utiliser massivement des drones armés, ne respectent pas les normes internationales régissant l’usage de la force pouvant entraîner la mort. Cela risque de créer un dangereux précédent pour les 86 autres pays qui disposeraient actuellement de ce type de technologie. Les agences concernées doivent adopter des mécanismes et des politiques permettant de mener des enquêtes de manière indépendante et impartiale », rappelle l’organisation de défense des droits humains.

Plus globalement, la politique étrangère des Etats-Unis et l’implication de l’Union européenne et des Etats-Unis dans des conflits tels que la Syrie, l’Ukraine et l’Afghanistan doivent davantage mettre l’accent sur les droits humains alors que rien n’est fait pour lutter contre les atteintes massives à ces droits constatées par Amnesty dans ces différents pays.

À la veille de la sortie de son rapport annuel sur la peine de mort, Amnesty constate par ailleurs qu’une fois de plus, les États-Unis ont été le seul pays à procéder à des exécutions dans la région des Amériques et qu’ils se trouvent cette année dans le top 5 des pays ayant eu le plus souvent recours à la peine de mort.

« Ce classement est d’autant plus inquiétant qu’on constate une volonté de recours à la peine de mort au niveau fédéral également, alors que le ministre américain de la Justice a indiqué que la peine capitale serait requise à l’encontre de Djokhar Tsarnaev si celui-ci est reconnu coupable d’avoir orchestré le double attentat du marathon de Boston en 2013 », explique Françoise Dieryck, coordinatrice peine de mort de la section belge d’Amnesty.

Des relations équilibrées entre l’UE et les États-Unis ne seront possibles que si chacune des parties s’engagent fermement à respecter les droits humains. Cette exigence de l’UE dans ses relations avec de nombreux pays sur la planète doit s’appliquer également aux États-Unis.

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