Communiqué de presse

Angola. Des militants détenus doivent être libérés immédiatement et sans conditions

Les autorités angolaises doivent libérer immédiatement et sans conditions deux défenseurs des droits humains placés en détention uniquement pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique dans l’enclave de Cabinda, ont déclaré conjointement mardi 17 mars cinq organisations dont Amnesty International.

Jose Marcos Mavungo a été arrêté samedi 14 mars, date à laquelle il devait organiser une action de protestation, et a été inculpé de sédition lundi 16 mars. Arao Bula Tempo, autre défenseur des droits humains, a lui aussi été arrêté et placé en détention pour des chefs d’accusation qui n’ont pas été précisés.

« Ces détentions arbitraires sont le dernier exemple en date de la répression accrue exercée à l’encontre des voix dissidentes, des actions de protestation pacifiques et de la liberté d’expression en Angola, particulièrement dans l’enclave de Cabinda », a déclaré Muleya Mwananyanda, directrice adjointe d’Amnesty International pour l’Afrique australe.

« Nous pensons que l’arrestation des deux défenseurs des droits humains et les charges de sédition retenues contre l’un d’eux sont infondées. Les autorités se moquent ouvertement des droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’expression. »

Le Southern Africa Litigation Centre, Lawyers for Human Rights, la SADC Lawyers Association et la Commission internationale de juristes se sont joints à Amnesty International pour demander la libération de toutes les personnes détenues illégalement.

Jose Marcos Mavungo a été arrêté dans l’enceinte d’une église alors qu’il se rendait à la messe du matin comme à son habitude. Le gouverneur de Cabinda avait interdit l’action de protestation que Jose Marcos Mavungo avait prévu d’organiser au motif que celle-ci représentait « un manque de respect et de considération envers la population et les institutions gouvernementales ».

Arao Bula Tempo, avocat défenseur des droits humains et président du conseil provincial de l’association du barreau angolais à Cabinda, a été arrêté par les forces de sécurité à Cabinda, à proximité de la frontière avec le Congo.

Une semaine plus tôt, le 6 mars, il avait prononcé un discours dans lequel il soulignait la nécessité de garantir l’indépendance des avocats à Cabinda et dans d’autres régions de l’Angola.

« Les autorités angolaises doivent arrêter de répondre à la dissidence pacifique par la répression. Les citoyens devraient être autorisés à s’exprimer librement sans avoir à craindre de représailles. Le fait d’accuser des défenseurs des droits humains de sédition car ils ont critiqué le gouvernement constitue clairement une violation de la liberté d’expression », a déclaré Muluka Miti-Drummond, directrice régionale du travail de plaidoyer pour le Southern Africa Litigation Centre.

Jacob van Garderen, directeur national de Lawyers for Human Rights pour l’Afrique du Sud, a déclaré : « Les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique sont protégés par le droit international relatif aux droits humains. L’Angola a volontairement ratifié des traités internationaux disposant que le pays doit respecter et protéger les droits humains fondamentaux. Il doit donc tenir ses engagements. »

Arnold Tsunga, directeur de la Commission internationale de juristes pour le programme Afrique, a déclaré : « La Constitution de l’Angola prévoit que toute personne est autorisée à exercer son droit à la liberté d’expression. Il est inacceptable que des personnes soient placées derrière les barreaux pour le seul fait d’avoir exprimé leurs opinions. »

Complément d’information

Les autorités angolaises réagissent très régulièrement aux actes de dissidence de manière répressive, et souvent violente. Amnesty International a rassemblé des informations sur la façon dont les libertés d’expression et de réunion pacifique ont été illégalement restreintes en Angola dans son rapport intitulé Punishing Dissent : Suppression of Freedom of Association and Assembly in Angola (AFR 12/004/2014).

Les personnes qui ont défié le gouvernement du président José Eduardo dos Santos ont été victimes d’exécutions extrajudiciaires, de disparitions forcées, de détentions arbitraires et de torture. Bien que les libertés d’expression et de réunion pacifique soient des droits inscrits dans la Constitution du pays et dans plusieurs traités internationaux que l’Angola a signés et ratifiés, des violations de ces droits continuent d’être perpétrées.

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