33e anniversaire de la répression de Tiananmen : Amnesty devant l’ambassade de Chine

Tiananmen ambassade Chine Bruxelles

Ce jeudi soir, à l’approche du 33e anniversaire de la répression de Tiananmen, des militant·es d’Amnesty International se sont rendu·es devant l’ambassade de Chine, à Bruxelles, pour y allumer des flambeaux et déployer une bannière comportant le message suivant : « Commemorating the #TiananmenCrackdown is a crime in Hong Kong. REMEMBRANCE = RESISTANCE ». Les militant·es ont également tagué des bougies sur le sol afin de recréer une veillée commémorative, désormais interdite à Hong Kong.

« Notre objectif est non seulement de lutter contre la volonté du gouvernement chinois d’effacer de l’histoire la terrible répression de Tiananmen, mais également de dénoncer le durcissement de la répression à Hong Kong. Depuis que la Loi relative à la sécurité nationale a été promulguée dans la ville en 2020, il est en effet désormais impossible d’organiser une veillée en hommage aux victimes de la répression, comme c’était le cas depuis plus de 30 ans », explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International.

Outre cette action de mobilisation à Bruxelles, Amnesty International et d’autres organisations organiseront ce 4 juin dans plus de 20 villes dans le monde entier (San Francisco, Washington, Séoul, Taipei, Oulan-Bator, Sydney, Oslo, Paris, Amsterdam, Londres, etc.) une série de veillées et d’autres événements annexes.

« Des gens du monde entier vont se rassembler pour rendre hommage aux personnes tuées à Pékin il y a 33 ans et témoigner leur solidarité avec les personnes à Hong Kong dont les actions pacifiques de commémoration sont désormais érigées en infraction », indique Hana Young, directrice régionale adjointe pour l’Asie de l’Est à Amnesty International.

Pendant trois décennies, Hong Kong a accueilli la plus grande commémoration du monde marquant la répression de Tiananmen : des centaines, voire des milliers de personnes avaient alors été tuées lorsque l’armée avait ouvert le feu sur les étudiant·es et les travailleurs·euses qui réclamaient pacifiquement des réformes politiques et économiques, ainsi que la fin de la corruption.

Chaque année depuis 1990, le 4 juin, des centaines de milliers de personnes se réunissaient pour une veillée à la bougie dans le parc Victoria à Hong Kong, afin de rendre hommage aux victimes et de demander aux autorités chinoises de dévoiler la vérité sur ce qui s’est passé et d’assumer leurs responsabilités en ce qui concerne les victimes. Cette veillée a été interdite ces deux dernières années, soi-disant en raison de la pandémie de COVID-19.

L’association qui organisait la veillée, l’Alliance de Hong Kong, a dû se résoudre à la dissolution en septembre 2021, après avoir subi des pressions croissantes suite à la promulgation de la Loi relative à la sécurité nationale de Hong Kong en juin 2020. Plusieurs de ses hauts responsables se trouvent actuellement derrière les barreaux.

L’Alliance de Hong Kong compte parmi plusieurs grandes organisations de la société civile contraintes de mettre la clé sous la porte depuis l’an dernier, après s’être retrouvées dans le collimateur de la police de Hong Kong pour des raisons liées à la sécurité nationale.

« Le simple fait d’allumer une bougie pour Tiananmen est devenu un crime à Hong Kong, tout comme c’est le cas en Chine continentale depuis plus de 30 ans. Mais on ne peut effacer l’histoire et le militantisme ne sera jamais réduit au silence. Les Hongkongais·es ont exprimé pendant des années leur solidarité avec les victimes de Tiananmen. Aujourd’hui, le reste du monde se range à leurs côtés pour délivrer le même message : la répression ne sera tolérée nulle part », conclut Hana Young.

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