Annonce soudaine du retrait de la CPI

Le Parlement doit se réunir d’urgence pour reconsidérer la décision du gouvernement de se retirer du Statut de Rome, l’instrument fondateur de la Cour pénale internationale, a déclaré Amnesty International le 21 octobre 2016.

« L’annonce soudaine du retrait de l’Afrique du Sud de la CPI est extrêmement décevante. Avec cette décision, le pays trahit les millions de victimes de très graves violations des droits humains et sape le système de justice internationale, a déclaré Netsanet Belay, directeur de la recherche et des actions de plaidoyer pour l’Afrique à Amnesty International.

« Le soutien qu’apportait l’Afrique du Sud à la CPI, après avoir souffert pendant des décennies de l’apartheid, contribuait pour une large part à la création de sociétés respectueuses des droits à travers le monde. »

Le gouvernement sud-africain a notifié aux Nations Unies son retrait de la Cour pénale internationale.

Ce retrait intervient à la suite d’une procédure pour non-coopération engagée à l’encontre de l’Afrique du Sud devant la CPI parce que le pays n’a pas établi de mandat d’arrêt contre le président soudanais Omar el Béchir quand ce dernier s’est rendu en Afrique du Sud en juin 2015 pour participer à un sommet de l’Union africaine.

Le gouvernement sud-africain a déclaré qu’il avait subi un traitement injuste après avoir refusé d’arrêter le président Omar el Béchir.

« L’Afrique du Sud ne doit pas abdiquer son rôle de défenseur des droits humains et de la justice. Le Statut de Rome est un pacte qu’ont conclu les pays pour empêcher que les crimes de droit international, y compris l’apartheid, ne restent impunis, a déclaré Netsanet Belay.

« L’Afrique du Sud doit engager un dialogue constructif avec la CPI afin de trouver une solution aux préoccupations légitimes qu’elle pourrait avoir, au lieu de prendre des mesures qui vont porter atteinte à l’image du pays et au combat mené mondialement pour la paix et la justice. »

Complément d’information

L’annonce du retrait de l’Afrique du Sud de la CPI intervient alors qu’une procédure est en cours devant le Tribunal constitutionnel du pays, qui doit se prononcer sur le fait de savoir si ce dernier a violé ses obligations au titre du droit national et international en ne procédant pas à l’arrestation du président Omar el Béchir.

La notification de retrait n’a aucune répercussion sur cette procédure, et l’Afrique du Sud ne peut pas se soustraire à ses responsabilités découlant de son droit national et du droit international en se retirant du Statut de Rome.
Cette décision est particulièrement préoccupante car elle intervient une semaine seulement après l’adoption par le Parlement burundais d’une loi portant retrait du Burundi du Statut de Rome de la CPI.

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