Communiqué de presse

Arabie saoudite. Trois nouvelles exécutions contribuent à un pic sans précédent dans l’application de la peine de mort

Il est à craindre que l’Arabie saoudite ne dépasse - et de loin - son précédent bilan annuel en termes d’exécutions, a déclaré Amnesty International après que trois hommes ont été mis à mort mercredi 11 mars au matin, ce qui porte à 44 le nombre d’exécutions menées depuis le début de l’année dans ce pays.

C’est exactement quatre fois plus que le nombre de personnes mises à mort dans le royaume au cours de la même période l’an dernier - 11. La décapitation publique est la méthode d’exécution la plus commune.

« Ce pic sans précédent constitue une effrayante course vers l’abîme en Arabie saoudite, qui fait déjà partie des pays procédant au plus grand nombre d’exécutions au monde », a déclaré Said Boumedouha, directeur adjoint du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

« Si cette tendance alarmante se confirme, l’Arabie saoudite dépassera certainement les chiffres des années précédentes en matière d’exécutions, ce qui créera un décalage avec l’immense majorité des pays du monde qui ont désormais rejeté la peine de mort en droit ou en pratique. »

Les trois hommes exécutés le 11 mars au matin étaient un Saoudien, un Yéménite et un Syrien, tous les trois condamnés pour des infractions en relation avec les stupéfiants.

« Le fait que près de la moitié des exécutions recensées cette année aient été en rapport avec des atteintes à la législation sur les stupéfiants contredit les déclarations des autorités saoudiennes devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, selon lesquelles la peine de mort n’est imposée que pour les crimes les plus graves et parce que cela est autorisé par la charia. Dans les cas d’infractions en rapport avec les stupéfiants, ces deux affirmations sont loin d’être vraies », a déclaré Said Boumedouha.

Le chef de la délégation saoudienne a tenu ces propos la semaine dernière devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, ajoutant que l’Arabie saoudite ne procède à des exécutions qu’après des procès rigoureux et équitables.

Cela contredit cependant une annonce récemment faite par la Cour suprême selon laquelle il n’est pas nécessaire de prouver au-delà d’un doute raisonnable la culpabilité d’un suspect pour qu’un tribunal le condamne à une peine, y compris à la peine de mort, lorsque les faits qui lui sont reprochés ne sont pas punissables en vertu du principe de qisas (réparation) ou de hadd (sanctions d’ordre divin prévues par la charia).

Ces dernières années, l’Arabie saoudite s’est régulièrement classée parmi les cinq pays procédant au plus grand nombre d’exécutions. Dans un rapport devant être diffusé le 1er avril, Amnesty International rendra publiques les statistiques du recours à la peine de mort dans ce pays en 2014.

Au 31 décembre 2014, 140 pays avaient aboli la peine de mort en droit ou en pratique. Amnesty International s’oppose en toutes circonstances et sans aucune exception à la peine de mort, quelles que soient la nature et les circonstances du crime commis, la culpabilité ou l’innocence du condamné, ou la méthode utilisée pour procéder à l’exécution.

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