ARGENTINE : Des mesures concrètes doivent être prises pour mettre un terme à la torture

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le 2 avril 2004, dans la province de Neuquén, Claudia Zambrano est frappée à
de multiples reprises par des agents du poste de police 43. Ceux-ci se sont
introduits dans son domicile pour exécuter un ordre d’expulsion, après avoir
enfoncé la porte à coups de pieds et frappé plusieurs personnes présentes
sur les lieux.

Le 8 septembre 2004, dans la province de Mendoza, après avoir tenté de
s’évader du pénitencier de la province de Mendoza, neuf détenus sont passés
à tabac par les gardiens et privés de soins médicaux. Les prisonniers
resteront plusieurs jours nus ou uniquement vêtus de leurs sous-vêtements.

Le 2 octobre 2004, à Caleta Oliva dans la province de Santa Cruz, plus de 30
personnes sont placées en détention dans différents postes de police et
bâtiments militaires. Par la suite, un grand nombre d’entre elles ont
affirmé avoir été victimes de mauvais traitements infligés par des membres
de la police provinciale et de la gendarmerie. Les avocats des victimes,
ainsi que des représentants d’organisations non gouvernementales, ont
déclaré publiquement que les détenus avaient été encagoulés puis frappés à
coups de bâton et roués de coups de poing et de pied, que certains d’entre
eux souffraient de ce fait de fractures au visage et qu’une femme avait été
victime d’une tentative de viol.

« Ces quelques exemples illustrent le manque de volonté politique du
gouvernement argentin et son incapacité à mettre fin à la spirale de
l’impunité qui, dans toute l’Argentine, alimente les atteintes aux droits
humains et en particulier les actes de torture », a déclaré ce lundi 15
novembre Virginia Shoppee, chercheuse d’Amnesty International pour
l’Argentine, lors de la présentation d’un nouveau rapport au Comité des
Nations Unies contre la torture.

Ce rapport reprend les principaux motifs de préoccupation d’Amnesty
International en ce qui concerne le respect de la Convention contre la
torture par l’État argentin.

L’organisation est notamment préoccupée par les actes de torture et les
mauvais traitements infligés par des membres des forces de sécurité à des
détenus, y compris des mineurs ; par les accusations de traitements cruels,
inhumains ou dégradants commis dans les établissements pénitentiaires et les
centres de détention, ainsi que par le fait que ces accusations ne font pas
l’objet d’enquêtes immédiates, indépendantes, exhaustives et concluantes.

« Seules des actions concrètes visant à enquêter sur les faits et à punir
les responsables d’atteintes aux droits humains, et en particulier d’actes
de torture, permettront de dissiper l’idée que de tels agissements sont
tolérés », a ajouté Virginia Shoppee.

Il est nécessaire pour éradiquer la torture d’imposer l’obligation pour les
gouvernements d’assumer leurs responsabilités et de rendre des comptes sur
ces graves atteintes aux droits humains ; de mener de véritables actions de
prévention auprès des forces de sécurité ; d’agir sur les facteurs à
l’origine de ces agissements ; d’ouvrir sans délai des enquêtes
indépendantes sur les accusations portées et de traduire les responsables
présumés en justice.

« Il ne suffit pas que la torture soit interdite par la loi. Il faut
impérativement que s’exerce une volonté politique pour faire respecter les
existantes et mettre un terme à ces pratiques aberrantes », a conclu la
chercheuse d’Amnesty International.

Complément d’information

Depuis 1987, l’Argentine est partie à la Convention contre la torture, qui
interdit le recours à la torture et à tout autre traitement ou châtiment
cruel, inhumain ou dégradant.

Le Comité des Nations Unies contre la torture se réunira les 16 et 17
novembre 2004 pour examiner le quatrième rapport périodique de l’Argentine.
Le Comité rendra par la suite ses conclusions et recommandations.

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