ARGENTINE : Les violences contre les journalistes doivent faire l’objet d’enquêtes concluantes

Index AI : AMR 13/006/2004
ÉFAI

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

« Fais attention, salope...on va te tuer. »

« On va tuer tes enfants d’abord. »

« Tu veux le voir avec une balle dans la poitrine ? »

Menaces téléphoniques rapportées à la police par Clara Britos, journaliste
et propriétaire d’un journal.

L’Argentine a connu ces dernières années une recrudescence des attaques
contre la liberté d’expression. De nombreux journalistes sont dans
l’incapacité d’accomplir leur tâche légitime sans crainte d’intimidation ou
d’agression physique contre eux-mêmes et souvent contre leur famille.

« La violence et l’intimidation subies par les journalistes en Argentine
pendant et après l’effondrement économique et le chaos politique de décembre
2001 doivent faire l’objet d’enquêtes indépendantes, approfondies et
concluantes », a déclaré Amnesty International.

« Les violences policières sont une chose que les photographes de presse
connaissent bien. Elles font déjà partie de la réalité quotidienne de la
profession, en particulier depuis les événements de décembre 2001. »

Christian Frolich, journaliste-photographe pour Cronica, un journal de
Buenos Aires.

Dans un rapport publié ce mardi 29 juin, Argentina : Journalists : Press
accreditation - The wrong credentials ?, Amnesty International expose les
cas d’atteintes aux droits humains subies par les journalistes en Argentine
de janvier 2002 à mars 2004. Nombre de ces affaires n’ont toujours pas fait
l’objet d’enquêtes approfondies.

Dans ce rapport figurent des exemples de restrictions imposées par l’État à
la liberté d’expression en Argentine, ainsi qu’une liste de 59 cas
d’atteintes aux droits humains visant les journalistes dans ce pays.

Parmi les allégations d’atteintes aux droits humains figurent des agressions
de journalistes par les forces de sécurité alors qu’ils couvraient des
manifestations populaires, ainsi que des agressions et intimidations de
journalistes enquêtant sur des affaires de corruption ; leurs familles
pouvant également être visées.

Pour protéger la liberté de la presse, Amnesty International estime que les
autorités argentines doivent :

 mener des enquêtes approfondies, impartiales et concluantes sur toutes les
plaintes déposées par les médias, y compris contre les forces de sécurité.

 faciliter le déroulement des enquêtes et faire en sorte qu’elles soient
pleinement transparentes et que leurs conclusions soient rendues publiques.

 traduire en justice les responsables désignés par ces enquêtes.

 garantir le droit à des réparations pour les victimes et leurs proches.

« La liberté d’expression et d’information sont des droits reconnus à
l’échelle nationale et internationale en Argentine. Les journalistes ont un
rôle légitime pour mener des enquêtes, et cette fonction doit être protégée
par les autorités argentines », a déclaré Amnesty International.

Pour lire le rapport complet, merci de consulter :

http://web.amnesty.org/library/indexengamr130052004

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