Communiqué de presse

Asie du Sud-Est. Il faut intensifier les opérations de secours en mer et venir en aide aux milliers de personnes en grave danger

Les gouvernements d’Asie du Sud-Est doivent de toute urgence intensifier les opérations de recherche et de sauvetage, afin de venir en aide aux milliers de personnes qui se trouvent en mer dans des conditions très difficiles, et dont la vie est en danger, a déclaré Amnesty International, alors qu’un nouveau bateau transportant des centaines de passagers qui seraient des migrants et demandeurs d’asile désespérés attend d’être secouru au large de la côte thaïlandaise.

Amnesty International est en mesure de confirmer qu’un bateau où s’entassent 350 personnes, dont des enfants, dérive actuellement au large des côtes de la Thaïlande et de la Malaisie. Ces centaines de passagers, dont on pense qu’ils viennent du Myanmar ou du Bangladesh, sont en mer depuis « de nombreux jours », peut-être plus de deux mois. Leur équipage les a abandonnés il y a plusieurs jours. Ils se retrouvent sans eau ni nourriture et ont besoin de soins médicaux urgents. Des vaisseaux de la marine thaïlandaise recherchent actuellement cette embarcation.

« Les gouvernements d’Asie du Sud-Est doivent agir sans délai pour stopper cette crise humanitaire. Les pays de la région doivent lancer des opérations conjointes de recherche et de sauvetage afin de sauver la vie des migrants abandonnés en mer. S’ils ne le font pas, cela reviendra à condamner à mort des milliers de personnes », a déclaré Kate Schuetze, chercheuse sur la région Asie-Pacifique à Amnesty International.

« Il est douloureux de penser que des centaines de personnes dérivent en ce moment même à bord d’un bateau, risquant de mourir, sans eau ni nourriture, et sans même savoir où elles se trouvent. »

Le 13 mai, un bateau transportant 500 passagers a été aperçu au large de la côte de l’île de Penang, dans le nord de la Malaise. Les autorités malaisiennes ont déclaré cette semaine qu’elles prendraient des mesures punitives, notamment en repoussant les bateaux et en expulsant les migrants et les réfugiés, afin d’adresser le « bon message » aux arrivants clandestins.

« Les autorités malaisiennes ont le devoir de protéger et non de sanctionner les centaines de personnes qui ont atteint leurs côtes aujourd’hui. Elles doivent recevoir les soins médicaux dont elles ont besoin, et en aucun cas ne doivent être renvoyées en mer ni transférées vers un pays où leurs droits et leurs vies sont menacés », a déclaré Kate Schuetze.

« En déclarant qu’elles renverront ceux qui arrivent par bateau, les autorités font un affront à la dignité humaine. Qui plus est, si elles mettent ces menaces à exécution, elles bafoueront les obligations qui incombent à la Malaisie au titre du droit international. »

Depuis quelques jours, un nombre croissant de personnes originaires du Myanmar et du Bangladesh arrivent par bateau en Malaisie et en Indonésie. Lundi 11 mai, la marine indonésienne a remorqué vers la mer au moins un bateau transportant 400 personnes, probablement des Rohingyas, au large des côtes de la province d’Aceh, après leur avoir donné de la nourriture et du carburant.

En raison de la répression exercée contre les migrants clandestins arrivant en Thaïlande, les passeurs et les trafiquants d’êtres humains se mettent à rechercher de nouveaux itinéraires. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, 8 000 personnes pourraient encore se trouver en mer non loin de la Thaïlande.

Parmi les milliers de personnes qui partent du Bangladesh et du Myanmar figurent des migrants, des réfugiés vulnérables comme les musulmans rohingyas fuyant les discriminations et les violences au Myanmar, et des victimes de la traite des êtres humains. Beaucoup sont désespérés au point de risquer leur vie en tentant de dangereuses traversées, afin d’échapper à des conditions insupportables chez eux.

« Les milliers de vies en danger doivent être la priorité immédiate, mais il faut s’attaquer aux causes profondes de cette crise. Le fait que des milliers de Rohingyas préfèrent tenter une dangereuse traversée en mer au péril de leur vie plutôt que de rester au Myanmar, en dit long sur leurs conditions de vie », a déclaré Kate Schuetze.

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