Azerbaïdjan. Il faut cesser de prendre pour cible les manifestants pacifiques


COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Index AI : PRE 01/211/2011 (Public)

AILRC-FR

15 avril 2011

Amnesty International demande instamment aux autorités azerbaïdjanaises de cesser de prendre pour cible les manifestants pacifiques à l’approche d’un rassemblement de l’opposition prévu le 17 avril.

Le gouvernement azerbaïdjanais a déclaré vendredi 15 avril que les manifestations prévues ce week-end, dernières en date d’une série de manifestations organisées pour réclamer des réformes politiques et la fin de la corruption, ne seraient pas tolérées.

Cinq militants de l’opposition ont été inculpés en début de semaine « d’ incitation au désordre et au chaos » pour avoir pris part début avril à des manifestations qui avaient été dispersées avec violence par la police. Tous sont passibles de longues peines d’emprisonnement.

Les militants ont été frappés par les policiers et emprisonnés à l’issue d’audiences à huis clos sur la base de preuves inexistantes ou d’éléments peu probants, selon les groupes locaux de défense des droits humains.

« Les autorités azerbaïdjanaises doivent autoriser le déroulement de cette manifestation. Les manifestations pacifiques sont l’essence même des libertés d’expression et de réunion. Ce sont ces droits et ceux qui cherchent à les exercer que l’on bafoue en Azerbaïdjan », a déclaré John Dalhuisen, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.


« Il faut que cesse le harcèlement de militants pacifiques de l’opposition menant des actions légitimes »
, a-t-il ajouté.

« La communauté internationale doit faire davantage pression sur le gouvernement pour qu’il mette un terme à la répression », a déclaré John Dalhuisen.

Zakir Garalov, procureur général d’Azerbaïdjan, a déclaré vendredi 15 avril : « L’opposition radicale veut manifestement importer en Azerbaïdjan l’expérience d’autres pays. »

« Mais notre gouvernement ne tolèrera jamais cela et toutes ces actions seront réprimées » a-t-il déclaré.

Les nouvelles inculpations portent à dix le nombre total de militants passibles de longues peines d’emprisonnement pour avoir participé aux manifestations du 2 avril ; sept d’entre eux sont considérés par Amnesty International comme des prisonniers d’opinion, détenus uniquement pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression.

Ces prisonniers d’opinion sont : Babek Hasanov, Mahammad Majidli et Sahib Karimov du Parti du Front Populaire (PFP), Ulvi Guljyev, militant indépendant, Elshan Hasanov et Arif Hajili du Parti Moussavat ainsi que Tural Abbasli, président de l’organisation des jeunes du Moussavat.

Amnesty International procède encore à l’examen des dossiers de Shahin Hasanli et Abad Mammadi, également interpellés dans le cadre des récents mouvements de protestation.

Les dirigeants des deux principaux partis d’opposition, le Parti Moussavat et le Parti du Front Populaire (PFP) ont affirmé vouloir maintenir la manifestation du 17 avril.


Ali Karimli
, chef du PFP, a déclaré à Amnesty International que les autorités avaient refusé de rencontrer les dirigeants de l’opposition pour parler de la manifestation de dimanche et réaffirmé le caractère pacifique de cette manifestation.

« Nous nous sommes toujours opposés à la violence », a-t-il déclaré.

« Nous voulons parvenir au changement par des moyens pacifiques. Nous appelons la communauté internationale, le Conseil de l’Europe dont l’Azerbaïdjan est membre, à faire pression sur les autorités pour qu’elles mettent un terme à la répression. »


Voir également :

Azerbaijan : Crackdown on peaceful protest exposes the full extent of human rights crisis in Council of Europe member state Index AI : EUR 55/006/2011

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