Communiqué de presse

Azerbaïdjan. Les autorités doivent libérer immédiatement le responsable de l’opposition

Le gouvernement d’Azerbaïdjan doit répondre favorablement aux demandes de la communauté internationale et libérer immédiatement le dirigeant d’opposition de premier plan Ilgar Mammadov, en faveur duquel le Comité des ministres du Conseil de l’Europe vient de lancer un deuxième appel, a déclaré Amnesty International. Cet homme a été condamné, il y a plus d’un an, à sept ans de prison sur des accusations forgées de toutes pièces et motivées par des considérations politiques.

Les autorités azerbaïdjanaises ont ignoré plusieurs demandes du Conseil de l’Europe appelant à sa libération à la suite d’un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme, qui a conclu qu’Ilgar Mammadov avait été arrêté sans preuve et que le véritable objectif de son incarcération était de le réduire au silence ou de le punir pour avoir critiqué le gouvernement.

« Le président Ilham Aliyev a eu l’audace de déclarer en 2014 devant le Conseil de l’Europe que la liberté d’expression, d’association et de réunion était garantie en Azerbaïdjan. Il ne s’agissait que de belles paroles, puisque son gouvernement a continué de défier ouvertement la Cour européenne des droits de l’homme en refusant de libérer Ilgar Mammadov », a déclaré Denis Krivosheev, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

« Maintenir un innocent en prison témoigne d’un irrespect absolu pour les droits humains fondamentaux. Ilgar Mammadov est derrière les barreau pour avoir exercé en toute légalité son droit à la liberté d’expression. Il doit être libéré de toute urgence. »

L’avocat d’Ilgar Mammadov a récemment déclaré à Amnesty International que son client subissait une pression permanente des autorités pénitentiaires, qui veulent lui faire signer des « aveux » dans lesquels il demanderait une grâce au président Ilham Aliyev afin d’être libéré. Il refuse de le faire car cela reviendrait à admettre sa « culpabilité » L’avocat a ajouté que la santé d’Ilgar Mammadov se dégradait car il est détenu dans une cellule surpeuplée et enfumée, avec 20 autres prisonniers.

Complément d’information

Ilgar Mammadov a été arrêté le 4 février 2013 et inculpé d’incitation à des violences de grande ampleur après s’être rendu, pour témoigner de la situation, sur les lieux d’émeutes qui avaient éclaté la veille dans le nord-ouest du pays.

Il a été condamné à sept ans de prison par le tribunal de Sheki, à Bakou, en mars 2014. En mai 2014, la Cour européenne des droits de l’homme a estimé que son arrestation était contraire à la Convention européenne des droits de l’homme. Cet arrêt a été définitivement confirmé le 13 octobre 2014 lorsque la Cour de Strasbourg a rejeté le recours formé par le gouvernement azerbaïdjanais. Le 4 décembre 2014, le Comité des ministres du Conseil de l’Europe a exigé qu’Ilgar Mammadov soit libéré « sans délai », mais sa demande est restée lettre morte.

Ilgar Mammadov est l’un des 22 prisonniers d’opinion, au moins, qui sont incarcérés en Azerbaïdjan pour des raisons politiques et dont il est question dans le dernier rapport d’Amnesty International intitulé Guilty of Defending Rights : Azerbaijan’s human rights defenders and activists behind bars.

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