Communiqué de presse

Azerbaïdjan. Les longues peines de prison infligées à deux défenseurs des droits humains sont scandaleuses

Mercredi 13 août, Leyla Yunus et son mari Arif Yunus, deux défenseurs des droits humains de renom, ont été condamnés respectivement à huit ans et demi et sept ans d’emprisonnement. Ces lourdes peines montrent à quel point les personnes qui défendent les droits humains continuent d’être pénalisées en Azerbaïdjan, a déclaré Amnesty International.

Tous deux ont été condamnés pour « fraude » et d’autres infractions liées à leur travail au sein d’une ONG, lors d’un procès dans la capitale, Bakou. Les observateurs et journalistes internationaux n’ont pas pu entrer dans le tribunal et seule une poignée de diplomates a été autorisée à assister au procès.

Une accusation de trahison et d’espionnage pour l’Arménie vise également le couple, mais elle a été transmise à un autre tribunal pour examen.

« Ces accusations absurdes ont abouti à de lourdes peines contre Leyla et Arif Yunus, qui sont d’éminents défenseurs des droits humains en Azerbaïdjan. Nous exhortons le gouvernement à annuler ces condamnations. Leyla et Arif Yunus sont des prisonniers d’opinion et doivent être libérés immédiatement et sans condition », a déclaré Levan Asatiani, responsable de campagne à Amnesty International.

« Une fois de plus, le système judiciaire se révèle n’être rien de plus qu’un outil répressif par lequel le président Ilham Aliyev écrase toute dissidence ou manifestation critique à l’égard de son régime. Le bilan de son gouvernement en matière de droits humains est tout simplement choquant. »

Leyla Yunus est la directrice de l’Institut pour la paix et la démocratie. Avant son arrestation, elle enquêtait sur le traitement des prisonniers politiques par les autorités en Azerbaïdjan. Son mari, Arif Yunus, est historien et militant politique.

Leyla a été arrêtée le 30 juillet 2014, cinq jours après l’organisation d’une conférence de presse appelant à un boycott international des Jeux européens en raison de la situation des droits humains en Azerbaïdjan, le pays hôte.

Amnesty International estime que les accusations visant le couple ont été fabriquées en représailles de leur travail légitime sur les droits humains et de leur critique du gouvernement azerbaïdjanais.

Tous les deux ont des problèmes de santé et leur état a continué de se dégrader en détention. Aujourd’hui, Arif Yunus a perdu conscience lors de l’audience. Il a subi deux accidents vasculaires en avril 2014 et sa famille craint qu’il ne puisse survivre à une autre attaque.

Leyla Yunus souffre de diabète et est atteinte de l’hépatite C. Sa vision de l’œil gauche est réduite. Elle n’a pas reçu de soins médicaux adéquats en prison et les autorités ont refusé de la transférer à l’hôpital. Elle a déclaré avoir été menacée, harcelée et maltraitée après avoir demandé des soins.

«  Durant la détention, et malgré la dégradation de l’état de santé du couple, les autorités ont refusé qu’un traitement médical adéquat lui soit accordé. Cette situation doit cesser et il faut leur prodiguer les soins qui s’imposent », a déclaré Levan Asatiani.

Complément d’information

La lettre suivante a été écrite par Leyla Yunus en prison, en janvier 2015 : http://www.meydan.tv/en/site/news/7326/Letter-from-prison-by-Leyla-Yunus.htm
La fille de Leyla et Arif Yunus raconte l’histoire déchirante de sa famille et s’adresse au président de l’Azerbaïdjan : https://www.youtube.com/watch?v=2YnWAAaG5QE

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