Communiqué de presse

Bahreïn. La condamnation à six mois de prison prononcée contre Nabeel Rajab est une atteinte à la liberté d’expression

Les autorités bahreïnites doivent annuler la déclaration de culpabilité de Nabeel Rajab, un défenseur des droits humains condamné à six mois de prison mardi 20 janvier pour avoir publié sur Internet des propos considérés comme insultants à l’égard des ministères de l’Intérieur et de la Défense, a déclaré Amnesty International.

« Nabeel Rajab est soumis à un châtiment injuste, simplement parce qu’il a publié des tweets considérés comme insultants par les autorités. Sa condamnation constitue une atteinte à la liberté d’expression - elle doit être annulée. Il doit être relâché sans délai ni conditions »
, a déclaré Said Boumedouha, directeur adjoint du Programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

Avant le jugement prononcé le 20 janvier, Nabeel Rajab a déclaré à Amnesty International :

« Les attaques incessantes et injustes des autorités contre moi ne sont qu’un exemple de ce que subissent de nombreux défenseurs des droits humains de la région du Golfe. Nous sommes non seulement des victimes de la répression de nos propres gouvernements, mais également des victimes du silence, de l’hypocrisie et de la politique du deux poids deux mesures de la communauté internationale. Notre peuple, qui a soif de liberté et de justice sociale, est forcé à en payer le prix. »

Nabeel Rajab s’est en outre vu ordonner de payer une amende d’un montant de 200 dinars bahreïnites (soit environ 460 euros) afin de pouvoir rester en liberté d’ici à l’ouverture de son procès en appel. Le tribunal a également maintenu l’interdiction de voyager le visant.

Lundi 19 janvier, le parquet a renvoyé le cas d’Ali Salman, dirigeant du principal groupe d’opposition, Al Wefaq, devant la justice afin qu’il soit jugé pour « promotion du renversement et du changement du système politique par la force et la menace », « incitation à la désobéissance au droit » et « incitation publique à la haine contre une partie de la population ». Son procès doit s’ouvrir mercredi 28 janvier.

Ali Salman a été arrêté pour certains propos tenus lors de discours prononcés en 2012 et en 2014, notamment tout récemment, lors de l’Assemblée générale de son parti, le 26 décembre 2014. Amnesty International le considère comme un prisonnier d’opinion et demande sa libération immédiate et inconditionnelle.

L’organisation a exhorté à plusieurs reprises les autorités bahreïnites à abroger les lois qui interdisent l’outrage ou le manque de respect à l’égard des chefs d’État, d’autres personnalités publiques, de l’armée, mais aussi des institutions, des drapeaux et des symboles gouvernementaux, car elles sont contraires aux normes et au droit internationaux en matière de droits humains.

« Au lieu de persécuter les militants qui osent s’exprimer librement, les autorités bahreïnites doivent abroger ces lois répressives et faire respecter le droit à la liberté d’expression », a déclaré Said Boumedouha.

Complément d’information

Nabeel Rajab a été libéré sous caution le 2 novembre 2014 après avoir passé un mois en détention, à la suite de son interrogatoire et de son arrestation en octobre.

Il avait été arrêté en octobre pour avoir commenté sur Twitter des informations selon lesquelles des membres des forces de sécurité de Bahreïn avaient rejoint le groupe armé de l’État islamique en Irak. Un de ses tweets disait : « Nombre de #Bahreïnites ayant rallié le #terrorisme et #l’EIIL étaient dans les forces de sécurité, leur premier incubateur idéologique. »

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