Bahreïn : Risque d’agressions sexuelles sur Ebtisam al Saegh

Réagissant aux informations signalant que la défenseure des droits humains Ebtisam al Saegh a été arrêtée par les autorités bahreïnites dans la nuit du 3 juillet 2017, Samah Hadid, directrice des campagnes à Amnesty International pour le Moyen-Orient, a déclaré :

« Les autorités bahreïnites doivent libérer immédiatement et sans condition Ebtisam al Saegh, dont le seul crime est d’avoir déclaré haut et fort que le gouvernement est déterminé à étouffer toute forme de dissidence.

« Nous sommes gravement préoccupés par les conditions de détention d’Ebtisam al Saegh. Lors de son arrestation, en mai 2017, elle a été frappée et a subi des agressions sexuelles de la part de membres de l’Agence nationale de sécurité bahreïnite (NSA). Les autorités bahreïnites se sont abstenues d’enquêter sur ces allégations et nous pensons qu’elle risque fortement d’être torturée tant qu’elle est maintenue en détention.  »

Complément d’information

Ebtisam al Saegh est une éminente défenseure des droits humains à Bahreïn. Elle a été arrêtée à 23 h 45 le 3 juillet 2017, à la suite d’une descente effectuée à son domicile par des agents masqués, en tenue civile, équipés de caméras. Environ 25 agents disant appartenir à la Direction des enquêtes criminelles (CID) sont arrivés à son domicile à bord de cinq voitures banalisées et d’un minibus.

Trois hommes armés se sont postés devant la maison, et sept agents, dont deux femmes portant l’abaya et le niqab, sont entrés chez elle.

Ils n’ont présenté aucun mandat d’arrêt. Quand elle leur a demandé pourquoi ils l’arrêtaient et où ils l’emmenaient, ils lui ont répondu : « Vous n’avez pas besoin de parler, vous le saurez dès que vous serez arrivée.  »

Les agents lui ont confisqué ses téléphones portables et sa carte d’identité nationale. Deux femmes agents lui ont passé les menottes aux poignets et l’ont emmenée avec elles.

Amnesty international a reçu des informations signalant qu’Ebtisam al Saegh a été aperçue dans le centre de détention pour femmes de la ville d’Issa, non loin de la capitale, Manama, très tôt dans la journée du 4 juillet 2017, et qu’elle a été par la suite transférée dans un lieu non révélé.

Le 3 juillet, Ebtisam al Saegh avait tweeté au sujet des mauvais traitements subis par les femmes aux mains des agents de la NSA et tenu le roi responsable de leurs agissements.

En mai 2017, Amnesty International a publié des informationssur l’arrestation d’Ebtisam al-Saegh et les actes de torture, notamment les agressions sexuelles, qu’elle a subis à la NSA

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