Communiqué de presse

Bahreïn. Un militant détenu pour outrage à une institution gouvernementale sur Twitter doit être remis en liberté

Les autorités de Bahreïn doivent immédiatement relâcher un éminent militant des droits humains qui est détenu pour avoir publié des tweets jugés insultants à l’encontre du ministère de l’Intérieur, a déclaré Amnesty International jeudi 2 octobre 2014.

Nabeel Rajab, le président du Centre bahreïnite pour les droits humains, risque jusqu’à trois années d’emprisonnement pour avoir commenté en ligne des informations sur le départ de membres des forces de sécurité de Bahreïn partis rejoindre le groupe armé État islamique en Irak.

« La détention de Nabeel Rajab porte un nouveau coup dur à la liberté d’expression à Bahreïn et témoigne des tentatives croissantes des autorités de faire taire les voix discordantes, estime Said Boumedouha, directeur adjoint du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

« Il doit être libéré immédiatement et les charges retenues contre lui doivent être abandonnées. »

Le 1er octobre, dans l’après-midi, Nabeel Rajab, également directeur du Centre du Golfe pour les droits humains, a été convoqué pour interrogatoire à la Direction des enquêtes criminelles de Bahreïn, puis écroué pour la nuit.

Le 2 octobre, le parquet a ordonné une détention de sept jours pour enquête, au titre d’un article du Code pénal de Bahreïn qui érige en infraction le fait de critiquer les autorités, institutions et agences gouvernementales.

Les lois qui interdisent l’outrage, l’offense ou le manque de respect à l’égard des chefs d’État, de personnalités politiques, de l’armée, d’institutions gouvernementales, du drapeau ou d’autres symboles sont contraires au normes et au droit internationaux.

« Des lois répressives de cette nature créent un environnement où la liberté d’expression est systématiquement jugulée. Elles doivent être abrogées  », a ajouté Said Boumedouha.

À maintes reprises Amnesty International a enjoint les autorités bahreïnites de supprimer du Code pénal de Bahreïn les dispositions contraires à la liberté d’expression.

Nabeel Rajab est rentré à Bahreïn le 30 septembre après deux mois passés dans plusieurs pays d’Europe pour attirer l’attention sur la situation des droits humains dans son pays et plaider pour le respect de ces droits. Il a également présidé une réunion au Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève.

Nabeel Rajab avait été libéré de la prison de Jaw en mai 2014 après avoir purgé une peine de deux années d’emprisonnement à laquelle il avait été condamné pour « rassemblement illégal », « troubles à l’ordre public » et « appel et participation à des manifestations » à Manama « sans notification préalable ».

D’autres militants ont subi des persécutions similaires à Bahreïn.

Le procès de Maryam Al Khawaja, accusée de « coups et blessures à l’encontre d’agents de police » à l’aéroport international de Bahreïn, est en cours. De l’avis d’Amnesty International, elle est la cible des autorités parce qu’elle n’a cessé de dénoncer les violations des droits humains qui ont lieu à Bahreïn depuis 2011.

Nader Abdulemam est détenu à la prison de Dry Dock pour avoir publié des commentaires sur Twitter jugés désobligeants à l’égard de Khalid ibn al Walid, un compagnon du prophète Mahomet et célèbre commandant musulman. Il est inculpé pour « outrage en public à une figure religieuse sacrée ».

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