BANGLADESH : Attaque à la grenade contre un parti d’opposition

Index AI : ASA 14/000/2005
ÉFAI

Vendredi 28 janvier 2005

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

La dernière attaque à la grenade d’un rassemblement d’un parti d’opposition
s’inscrit dans le cadre d’une série d’attaques violentes menées contre la
direction de ce parti et l’incapacité du gouvernement à enquêter de façon
approfondie sur les attaques précédentes est extrêmement préoccupante, a
déclaré Amnesty International.

Cinq personnes, dont l’ancien ministre des Finances et principal dirigeant
de la Ligue Awami Shah A.M.S Kibria, ont été tuées dans l’attaque à la
grenade qui s’est produite lors d’un rassemblement dans le district de
Habiganj, au nord-est de la capitale Dacca, le jeudi 27 janvier au soir. De
nombreuses personnes ont été blessées.

Une autre attaque à la grenade dirigée contre la Ligue Awami s’était
produite à Dacca le 21 août 2004 ; vingt-deux personnes avaient été tuées et
des centaines d’autres blessées.

Amnesty International demande au gouvernement du Bangladesh d’enquêter de
façon approfondie sur ces attaques et de traduire en justice les auteurs
présumés. Un organisme indépendant du gouvernement devrait être mis en
place, qui aurait pour mission d’enquêter sur la dernière attaque en date et
pourrait également chercher à établir des liens avec les attaques
précédentes. Il est d’une importance capitale que l’enquête soit menée par
des personnes connues pour leur indépendance et leur impartialité,
auxquelles les défenseurs des droits humains et l’opposition pourront faire
confiance.

Dans le même temps, le gouvernement doit faire en sorte que tous les
éléments de preuve en lien avec la dernière attaque soient conservés
intacts. Tout organisme d’État ou agent de l’État dont la négligence
pourrait avoir permis les attaques doit être tenu à l’écart de l’enquête et
sans possibilité de l’influencer.

« Le gouvernement s’est montré incapable d’enquêter sur les attaques
précédentes avec toute la rigueur et la détermination voulues, selon
Catherine Baber. Tant que des enquêtes approfondies et impartiales n’auront
pas été menées, on aura un manque certain de crédibilité et les coupables
resteront à l’abri de la justice. »

Après l’attaque à la grenade du 21 août, le gouvernement avait ouvert une
enquête judiciaire, mais son impartialité avait été mise en doute lorsque le
Premier ministre, Begum Khaleda Zia, avait annoncé, selon les propos qui lui
ont été prêtés et avant que ne soient rendues les conclusions de l’enquête,
que l’opposition avait peut-être organisé elle-même cette attaque afin de
ternir l’image du gouvernement.

Bien que le juge chargé de l’enquête ait remis le 2 octobre aux autorités
ses conclusions sur l’attaque à la grenade du mois d’août, le gouvernement
n’a pas rendu public le contenu de ce rapport et n’a pas annoncé de mesure
en réponse. La Ligue Awami, en tant que victime, n’a été informée d’aucune
mesure prise par le gouvernement. Le juge chargé de l’enquête avait déclaré
aux journalistes à l’époque qu’il avait identifié les auteurs de l’attaque
et établi un lien avec des « ennemis étrangers » mais sans donner de
précisions.

L’attaque d’aujourd’hui est un rappel fort de la vulnérabilité grandissante
des hommes politiques d’opposition et du manque apparent de détermination de
la part du gouvernement à assurer leur sécurité. Amnesty International
demande aux plus hautes autorités du Bangladesh de condamner les attaques et
de veiller à ce qu’aucune pression politique n’influence les résultats de
l’enquête.

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