Bangladesh : Il faut libérer le photographe Shahidul Alam et cesser de réprimer les manifestations

Les autorités bangladaises doivent libérer immédiatement et sans condition Shahidul Alam, photographe renommé et militant, arrêté par des policiers en civil le 5 août 2018 après avoir donné une interview à Al Jazira en langue anglaise sur la vague de manifestations étudiantes à Dhaka.

Au moins 115 étudiants ont été blessés ce week-end lorsque la police a recouru à une force excessive, notamment en tirant des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes sur des milliers de manifestants étudiants majoritairement pacifiques. Les étudiants ont également été attaqués par des contre-manifestants pro-gouvernementaux.

« Shahidul Alam doit être libéré immédiatement et sans condition. Rien ne pourrait justifier d’arrêter une personne uniquement parce qu’elle a exprimé de manière pacifique ses opinions. Son arrestation témoigne d’une dangereuse escalade de la répression que mène le gouvernement, la police et les groupes d’autodéfense recourant à la violence contre les étudiants qui manifestent, a déclaré Omar Waraich, directeur adjoint pour l’Asie du Sud à Amnesty International.

«  Le gouvernement du Bangladesh doit cesser de réprimer les manifestants étudiants et les personnes qui osent le critiquer. Les étudiants jouissent du droit de réunion pacifique et de sécurité physique. Ces droits doivent être respectés et protégés, et une enquête efficace doit être menée sans délai sur l’usage de la force par la police et les actions violentes des groupes d’autodéfense pro-gouvernementaux qui ont également attaqué les étudiants. Cette enquête devra également déterminer pourquoi la police n’a rien fait pour les stopper.  »

Des milliers d’étudiants bangladais sont descendus dans les rues de Dhaka pour réclamer des routes plus sûres, après que deux adolescents ont été tués et 13 autres blessés alors qu’ils attendaient à un arrêt de bus devant une université et ont été percutés par un bus roulant à vive allure.

Shahidul Alam, le photographe arrêté par la police judiciaire du Bangladesh, n’a encore été inculpé d’aucune infraction. On craint qu’il ne soit inculpé au titre de l’article 57 de la loi draconienne sur les technologies de l’information et de la communication, qui n’est pas conforme aux normes juridiques internationales relatives à la protection du droit à la liberté d’expression.

En vertu du droit international et des normes internationales relatives aux droits humains, les forces de l’ordre doivent utiliser autant que faire se peut des moyens non violents avant de recourir à la force et aux armes à feu. Elles ne peuvent y recourir que lorsque d’autres moyens se sont avérés inefficaces, et doivent alors malgré tout faire preuve de retenue.

« Tandis que le Bangladesh avance vers les élections prévues cette année, il est crucial que le gouvernement respecte ses obligations internationales, notamment la protection des droits à la liberté d’expression, d’association, de réunion pacifique et de sécurité des personnes », a déclaré Omar Waraich.

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