Bangladesh. Une enquête approfondie doit être menée sur les homicides perpétrés par les forces de sécurité

ndex AI : ASA 13/007/2006 (Public)
Bulletin n° : 226
ÉFAI
31 août 2006

L’annonce, par le gouvernement bangladais, de sa décision de répondre favorablement aux exigences des manifestants de Phulbari, est encore loin d’un engagement décisif en faveur de sanctions pour abus de pouvoir et homicides par les forces de sécurité, a déclaré Amnesty International ce jeudi 31 août.

Au moins cinq personnes ont été tuées et plus d’une centaine d’autres blessées lorsque des policiers et des membres des Bangladesh Rifles (BDR) ont tiré à balles réelles sur la foule à Phulbari le 26 août. Les manifestants protestaient contre le projet d’une société britannique, Asia Energy, qui envisage d’exploiter une mine de charbon à ciel ouvert dans la région. Les opposants à la mine craignent que le projet ne conduise à leur expulsion forcée et ne les prive de leurs moyens de subsistance.

« Le gouvernement a promis une enquête, mais le bilan passé du pays en la matière démontre que rien ne garantit que les auteurs présumés des homicides seront traduits en justice », a déclaré Abbas Faiz, chercheur pour l’Asie du Sud à Amnesty International.

Au moins 17 personnes ont été tuées entre janvier et avril 2006 par des policiers qui ont tiré à balles réelles sur des manifestants qui protestaient contre les coupures d’électricité dans la ville de Kansat, au nord du pays. Aucune enquête indépendante n’a été menée et personne n’a été traduit en justice pour ces homicides.

« Une enquête devrait être menée par un organisme indépendant, impartial et compétent, ayant le pouvoir de convoquer aux fins d’interrogatoire des membres des Bangladesh Rifles. Les conclusions de cette enquête devraient être rendues publiques et les personnes pour lesquelles il aura été établi qu’elles ont usé de leur pouvoir ou eu recors à une force disproportionnée devraient être traduites en justice sans délai. »

Complément d’information
De nouveaux heurts se sont produits à Phulbari entre les forces de sécurité et des milliers de manifestants lorsque les forces de sécurité ont stoppé le défilé qui se dirigeait vers les bureaux de la société. Certains manifestants avaient, semble-t-il, des bâtons, des arcs et des flèches. Un policier est mort durant les manifestations. Selon les autorités, il serait mort d’une crise cardiaque après avoir été blessé à la tête.

Le 31 août, le gouvernement a annoncé qu’il cédait aux exigences des manifestants et annulait le contrat de la société Asia Energy, promettant d’indemniser les victimes ou leurs familles, de consulter la population pour tout nouveau projet d’exploitation minière, d’enquêter sur les homicides et d’abandonner toutes poursuites contre les manifestants.

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