Belgique, Il faut plus de transparence et de responsabilité concernant le déploiement de F-16

À la veille d’un nouveau déploiement militaire de quatre avions de chasse F-16 belges en Irak et en Syrie, 11 organisations belges et internationales de la société civile [2], dont Amnesty International, prient instamment le gouvernement belge de prendre des mesures urgentes pour améliorer sa transparence et sa responsabilité en ce qui concerne les éventuelles victimes civiles.

Le 1er octobre 2020, la Belgique enverra quatre F-16 en Irak et dans le nord-est de la Syrie pour participer à l’Opération « Inherent Resolve », visant à combattre le groupe terroriste État islamique, pour une période de 12 mois.

Le pays le moins transparent

Selon le groupe de surveillance international Airwars, la Belgique s’est révélée l’un des pays les moins transparents de la Coalition internationale contre l’État islamique et il n’existe aucun mécanisme de responsabilisation vis-à-vis des victimes civiles potentielles. C’est la raison pour laquelle 11 organisations belges et internationales ont instamment prié le gouvernement belge une amélioration immédiate de son bilan à cet égard.

Dans une lettre envoyée au ministre de la Défense, Philippe Goffin, le 21 septembre 2020, elles ont invité le gouvernement à prendre plusieurs mesures concrètes, à savoir :

  • Publier la date exacte et le lieu précis de tous les raids aériens belges effectués dans le cadre de la lutte contre l’État islamique ;
  • Publier les résultats de toutes les enquêtes sur les victimes civiles – y compris les données, la localisation, les cibles et le nombre de victimes civiles des actions militaires ;
  • Collaborer avec les parties extérieures, y compris des ONG, en élaborant des normes relatives aux critères minimaux auxquels doivent répondre les plaintes extérieures concernant des victimes civiles afin que le ministère de la Défense puisse les évaluer ;
  • Introduire ou soutenir un mécanisme permettant aux victimes potentielles des bombardements de la Coalition de se manifester et de faire part de leurs préoccupations.

Appel parlementaire

Les organisations belges et internationales ne sont pas les seules à demander au gouvernement d’afficher d’une plus grande transparence sur le déploiement des F-16 en Irak et en Syrie. Dans une motion adoptée le 25 juin 2020, le Parlement belge a demandé au gouvernement de faire preuve d’une « transparence maximale » sur les victimes civiles potentielles, tout en demandant également de « garantir une coopération et un échange actifs avec les groupes de surveillance et les organisations de défense des droits de l’Homme extérieurs ».

Les organisations signataires prient le gouvernement belge de tenir compte de cet appel parlementaire et sont prêtes à collaborer activement et de manière constructive pour améliorer le bilan de la Belgique en matière de transparence et de responsabilité. « La Belgique devrait suivre l’exemple d’autres alliés de la coalition, comme les États-Unis et les Pays-Bas, qui ont amélioré leurs rapports sur les actions militaires et tout dommage civil associé à ces actions. S’il y a des victimes civiles, le ministère belge de la Défense doit en assumer la responsabilité » a déclaré Dmytro Chupryna, directeur adjoint d’Airwars. Et les 11 organisations de renchérir : « Cette déclaration collective exhorte l’armée belge à améliorer la transparence et la responsabilité de ses actions militaires, afin que les répercussions sur les populations locales ne soient jamais cachées au public ».

Notes

[111.11.11, Agir pour la Paix, Airwars, Amnesty International Belgique, CNAPD, GRIP, Humanité & Inclusion, Oxfam Belgique, Pax Christi Flandres, Vredesactie et Vrede vzw

[211.11.11, Agir pour la Paix, Airwars, Amnesty International Belgique, CNAPD, GRIP, Humanité & Inclusion, Oxfam Belgique, Pax Christi Flandres, Vredesactie et Vrede vzw

Toutes les infos
Toutes les actions

Les procès inéquitables mènent à la peine de mort

Trop souvent, les condamnations à la peine de mort s’accompagnent d’un manque de représentation légale. De nombreux condamnés n’ont pas eu accès à un avocat, ou alors à la dernière minute. Signez notre pétition