Belgique/Russie : Une centaine de ballons lancés dans l’enceinte de l’ambassade russe

Ce lundi 11 juin, à trois jours du lancement de la Coupe du monde 2018, une équipe de 11 « footballeurs » d’Amnesty International ont lancé par dessus la clôture de l’ambassade de Russie à Bruxelles une centaine de ballons de football jaunes portant l’inscription « Justice4Oyub », en référence à Oyub Titiev, directeur du bureau tchétchène de l’ONG russe de défense des droits humains Memorial, détenu arbitrairement depuis janvier dernier.

Sur le maillot de chacun des membres de l’équipe était par ailleurs indiqué le nom d’un défenseur des droits humains en danger originaire de l’une des onze villes d’accueil de la Coupe du monde.

Cette action vise à dénoncer le harcèlement et les persécutions dont font l’objet les défenseurs des droits humains en Russie qui sont victimes de harcèlement, d’intimidations, d’agressions physiques, des campagnes de diffamation et dans certains cas un placement en détention arbitraire uniquement en raison du travail essentiel qu’ils mènent.

« L’arrestation d’Oyub Titiev, justifiée par des accusations absurdes, illustre parfaitement la répression croissante que subissent des dizaines de défenseurs des droits humains en Russie. Aujourd’hui, nous avons décidé de donner un carton rouge à l’ambassade et d’envoyer un signal fort pour que cessent ces persécutions inacceptables  », explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International.

Les violences et les manoeuvres d’intimidation à l’encontre des personnes qui critiquent la politique gouvernementale, comme les défenseurs des droits humains, les journalistes indépendants ou d’autres membres de la société civile, sont monnaie courante et font rarement l’objet d’enquêtes ou de poursuites. Le droit à la liberté d’expression est régulièrement bafoué avec notamment le blocage de certains sites Internet ou la répression de manifestations pacifiques.

Les violences et les manoeuvres d’intimidation à l’encontre des personnes qui critiquent la politique gouvernementale, comme les défenseurs des droits humains, les journalistes indépendants ou d’autres membres de la société civile, sont monnaie courante et font rarement l’objet d’enquêtes ou de poursuites.

«  Il y a 20 ans, la Russie a adopté la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme, qui lui enjoint de soutenir et de protéger les personnes qui défendent les droits humains », rappelle Philippe Hensmans. « La Russie dispose d’une occasion unique d’enfin respecter ses engagements. Elle doit libérer Oyub Titiev ainsi que tous les défenseurs des droits humains emprisonnés à tort, et garantir qu’ils puissent mener leurs activités sans crainte des représailles. »

Par ailleurs, Amnesty International se réjouit que la FIFA ait exprimé sa préoccupation au sujet de la situation d’Oyub Titiev. La Fédération internationale peut jouer un rôle clé dans la prévention des violations des droits humains et dispose dès lors d’une occasion unique d’influencer les autorités russes.

En soutien à Oyub Titiev ainsi qu’à deux autres défenseurs russes des droits humains, Igor Nagavkine, luttant pour les droits des prisonniers et contre la torture et la corruption, et Andreï Roudomakha, militant pour la défense de l’environnement, Amnesty a lancé ce jour une pétition, accessible à l’adresse suivante : amnesty.be/petitionrussie18. Elle sera remise aux autorités russes à la fin de la Coupe du monde.

Complément d’information

L’ONG Memorial mène principalement des recherches sur les crimes commis par le gouvernement dans le nord du Caucase. Juste avant son arrestation, Oyub Titiev avait volé un dossier sur 27 hommes tchétchènes qui auraient été enlevés et fusillés par la police en janvier 2017. Le 9 janvier 2018, il a été arrêté et accusé à tort de possession de drogue. Il a été contraint à des aveux forcés et risque toujours d’être torturé. Aujourd’hui, il est en détention provisoire en attendant son procès. Oyub risque jusqu’à dix ans de prison. Une semaine après son arrestation, un bureau de l’organisation Memorial a été incendié dans la république voisine d’Ingouchie.

Igor Nagavkine se trouve depuis près d’un an et demi en détention provisoire sur la base d’accusations forgées de toutes pièces, en raison de son travail de défense des droits des prisonniers et de lutte contre la torture et la corruption.

Le défenseur de l’environnement Andreï Roudomakha a été sauvagement attaqué en 2017 par des agresseurs non identifiés parce qu’il avait rassemblé des informations sur des chantiers de construction illégaux sur les rives de la mer Noire, et ceux qui l’ont attaqué sont toujours en liberté.

Le 29 mai, la FIFA a pris une mesure importante en mettant en place un mécanisme de plainte permettant aux défenseurs des droits humains et aux représentants des médias de signaler des violations des droits, et elle s’est engagée à soutenir les défenseurs des droits humains et la liberté de la presse dans le cadre de ses activités. Amnesty International a demandé à la fédération internationale du football de se tenir prête à affronter les autorités russes, et à utiliser tous les leviers dont elle dispose pour protéger efficacement les défenseurs des droits humains et pour faire en sorte que la Coupe du monde 2018 ne s’accompagne pas d’une nouvelle vague de répression.

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