Bibliographie

Histoire de la Birmanie contemporaine. Le pays des prétoriens.

Renaud Egreteau

Editions Fayard. 2010

Née par les armes voilà soixante ans, la Birmanie est aujourd’hui le plus ancien régime militaire du monde. Résultat : des forces armées omniprésentes asphyxient la vie politique, laissent trente millions de Birmans avec moins d’un euro par jour pour vivre et une dizaine d’ethnies en guerre civile plus ou moins continue. Grenier à riz de l’Asie et l’un des pays les plus alphabétisés du monde en 1948, la Birmanie marche au pas de l’oie vers le non-développement. Et les vicissitudes infligées à Aung San Suu Kyi, prix Nobel iconifiée qui incarne la seule opposition démocratique, laissent augurer un long purgatoire. Sauf que la réalité, mesurée sur le terrain et étayée par les sources inédites rassemblées par Renaud Egreteau, se révèle beaucoup plus compliquée. La Birmanie ploie sous le poids d’un « passé qui ne passe pas » : l’influence japonaise des années 1930 et la colonisation britannique ; elle est hantée par la menace des deux Géants qui la bordent – la Chine et l’Inde – et par « l’invasion » redoutée des ONG, des Occidentaux et du capitalisme libéral. Sans complaisance ni concession, Renaud Egreteau déconstruit le paradoxe d’un pays qui tient ensemble sous la poigne des prétoriens : et si la démocratie et le développement comptaient moins que l’entre-soi ?

Docteur de l’IEP de Paris, Renaud Egreteau est chercheur à l’université de Hong Kong.


Win Tin. Une vie de dissident

Win Tin et Sophie Matibeaux

Editions Michel Lafon. 2009

La Birmanie est dirigée depuis des décennies d’une main de fer par la junte. Le régime impose un quotidien menaçant et restrictif, orchestré par la violence. Malgré l’oppression, certains ont décidé de se battre avec pour armes l’intellect et la plume. Win Tin fait partie de ceux-là. Il choisit tout d’abord le journalisme, et finit par se résoudre à l’engagement politique. Il contribue à fonder la Ligue nationale pour la démocratie, à l’appel de Aung San Suu Kyi, future prix Nobel de la paix. Win Tin est devenu une véritable gêne pour le gouvernement : ses convictions le conduisent dès 1989 derrière les barreaux d’Insein, où il passe près de vingt ans entre torture et isolement. Lorsqu’il sort de prison le 23 septembre 2008, à l’âge de 79 ans, il se lance de nouveau sans attendre dans le combat politique pour l’avènement de la démocratie. Ce livre est coécrit par Sophie Matibeaux, grand reporter pour Radio France Internationale, spécialiste de l’Asie.


Birmanie. Rêves sous surveillance.

Manon Ott et Grégory Cohen

Editions Autrement. 2008

La société civile birmane connaît l’oppression de la dictature militaire depuis quarante ans. Dans un univers répressif ubuesque, la survie et la résistance des esprits sont devenues une culture intime et nationale au fil des générations. Manon Ott et Grégory Cohen ont rencontré des Birmans. Intellectuels, commerçants, moines ou travailleurs migrants qui racontent leurs " rêves sous surveillance ".


Birmanie Contemporaine

Gabriel Defert

Editions Les Indes Savantes. 2008

Quelques milliers de bonzes défilant dans les rues de Rangoun, en septembre 2007, ont suffi à mobiliser les médias internationaux qui ont sans doute un peu vite qualifié ce grand mouvement de " Révolution Safran ". Une nouvelle fois, l’Occident a révélé son incapacité à lire l’actualité mondiale sans se référer à ses propres paradigmes culturels et politiques. Le traitement des événements s’est traduit par une vision manichéenne de l’histoire, opposant Aung San Suu Kyi d’une part, idéalisée et consacrée par un prix Nobel de la paix en 1991, à une junte militaire sanglante et tyrannique destinée à occuper la place qu’on lui prête dans un imaginaire axe du mal. Et si la Birmanie n’était pas réductible à ce schéma duel ?

Suite à l’échec du mouvement et à la répression qui s’est abattue sur le pays, les médias se sont détournés vers d’autres points chauds de la planète, laissant la Birmanie, aussi appelée Myanmar, retrouver les cadres et le cours de son existence si particulière, en marge des valeurs prônées par l’Occident.

Ce livre a pour ambition de combler un silence et de mettre en lumière une réalité birmane méconnue. Il s’agit d’analyser la vie d’un pays, le quotidien d’un peuple divers et singulier et d’approcher sans a priori ceux qui le composent et le caractérisent. En offrant une vision panoptique de la Birmanie, cet ouvrage conduit à une meilleure connaissance de l’un des pays les plus fermés de la planète.


Aung San Suu Kyi : Ma Birmanie

Alan Clements

Editions Hachette Littératures. 2008

Les récents événements en Birmanie ont révélé au monde le nom d’Aung San Suu Kyi, âme de la résistance du peuple birman à la dictature et prix Nobel de la Paix. D’où tire-t-elle la conviction et la force qui, depuis près de vingt ans, lui permettent de mener avec un héroïsme tranquille le plus inégal des combats contre la junte au pouvoir en Birmanie ? Elle refuse la provocation, elle refuse la peur, elle refuse la haine. Elle s’obstine à réclamer le dialogue. Comment a-t-elle réussi à garder cette extraordinaire mesure face aux injures, aux arrestations - elle est depuis douze ans prisonnière dans sa propre maison et est restée plus de deux ans sans nouvelles de son mari et de ses jeunes enfants - et face aux brimades quotidiennes ?. Avec une clarté et une simplicité admirables, elle l’explique longuement dans ce livre à la fois d’une actualité brûlante et d’une philosophie intemporelle


Aung San Suu Kyi. Le jasmin ou la lune.

Thierry Falise

Editions Florent Massot. 2007

On la surnomme "la Dame de Rangoon" ou "la Mandela asiatique" : seul Prix Nobel actuellement privée de liberté, Aung San Suu Kyi, 61 ans, est assignée à résidence par la junte militaire de Birmanie, comme elle l’a été pendant 11 de ces 17 dernières années.

C’est son portrait que dresse le journaliste Thierry Falise dans "Aung San Suu Kyi, le jasmin ou la lune", racontant le combat de la présidente de la Ligue nationale pour la démocratie.

Le livre, précis et documenté, alterne la description de sa vie quotidienne actuelle et sa biographie, depuis l’assassinat de son père, le général Aung San, père de l’indépendance et fondateur de l’armée birmane, en 1947, alors qu’elle n’avait que deux ans.

Après des études et un mariage en Angleterre, la naissance de deux fils en 1973 et 1977, des postes à New York, au Japon et en Inde, c’est en 1988 qu’Aung San Suu Kyi décide de s’engager dans la politique. Son pays, dirigé par le dictateur Ne Win, est alors en plein chaos et des manifestations sont réprimées dans le sang le 8 août 1988. Quelques jours plus tard, le 24, c’est "debout sur un demi-fût de pétrole", pendant quelques minutes devant quelques centaines de personnes, en face de l’Hôpital général de Rangoon, qu’elle prend la parole en public pour la première fois.

Deux jours après, ce sont plus de 500.000 personnes, venues de tout le pays, qui assisteront à son premier meeting. Le phénomène Aung San Suu Kyi est né.

La junte militaire n’aura alors de cesse de la harceler, en la mettant une première fois en résidence surveillée, pendant six ans, de 1989 à 2005. Son domicile du 54 avenue de l’Université deviendra le siège de l’opposition birmane et le symbole de la résistance pacifique au régime militaire. En mai 1990, son parti remporte 80% des suffrages aux élections, que le pouvoir ignorera, et en octobre 1991 elle reçoit le Prix Nobel de la paix.

Jamais elle ne cèdera, même quand la junte l’incitera à quitter le pays pour rejoindre mari et enfants en Angleterre : "A partir du moment où je suis une citoyenne de Birmanie et pas d’un autre pays, je ne vois pas comment ils pourraient me déporter, à moins bien sûr qu’ils n’achètent la Lune et m’y envoient".

Après sa libération en 1995, elle continue sa lutte politique et d’autres périodes d’assignation à résidence suivront, en 2000 puis 2003. Mais ni la haine, ni le découragement, ni la peur ne la font fléchir. "Vous ne pouvez pas vraiment avoir peur de gens que vous ne haïssez pas", dit-elle.

Aujourd’hui, Aung San Suu Kyi vit depuis quatre ans coupée du monde, en compagnie d’une amie fidèle et de sa fille, sans courrier ni téléphone, avec seulement la radio comme lien avec l’extérieur. Dans sa maison, elle relit des romans de Simenon, range ses livres, lave son linge, écrit, jardine un peu, chasse les serpents qui s’aventurent dans la cour et vérifie régulièrement si les coupures d’électricité n’ont pas fait pourrir la nourriture dans le réfrigérateur.

Dans son livre, destiné au grand public et pas seulement aux familiers de la politique asiatique, Thierry Falise raconte par le détail les rares visites autorisées à "la Dame de Rangoon" : son médecin, une fois par mois, et chaque jour un ami chargé de lui apporter nourriture et produits de première nécessité. Cette liste des courses est remise la veille aux soldats qui gardent sa maison, qui fouillent l’homme à chaque visite et vérifient que les produits correspondent bien à la liste.

Ce livre, préfacé par Jane Birkin qui défend la cause de l’opposante birmane, parût à l’occasion de l’opération "90 jours pour libérer Aung San Suu Kyi", lancée le 26 février et destinée à "prendre au mot les promesses de la junte" qui, le 27 mai 2006, avait affirmé qu’il la libérerait "dans un an".


Aung San Suu Kyi, demain la Birmanie.

Jean-Claude Buhrer et Claude B. Levenson.

EditionsPhilippe Piquier. 2000

Pays d’or et de larmes, à la charnière des mondes indien et chinois, la Birmanie ressemble à un paradis perdu. Depuis la brutale confiscation du pouvoir par une dictature militaire en 1988, l’étau n’a cessé de se resserrer autour de la figure de proue de l’opposition Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, dont le destin extraordinaire brille aujourd’hui sur toute l’Asie.

Prise en otage par les militaires qui l’ont acculée à la faillite économique malgré le riz, le pétrole et les rubis, la Birmanie se reconnaît dans les valeurs démocratiques que Suu Kyi, fille du héros de l’indépendance, personnifie. Des hommes et des femmes qui croient aux astres et aux esprits, qui souffrent et qui espèrent en dépit d’un régime mis au ban de la communauté internationale. Les Birmans attendent, comme attendait la demoiselle de Kipling, comme savent attendre « ceux qui la connaissaient le mieux et qui porteront témoignage que les aurores de Birmanie sont aussi belles que ses couchers de soleil ».

Il n’existe pas de livre aussi juste et aussi bien documenté sur la Birmanie.


TOTAL : entre marée noire et blanchiment.

Francis Christophe.

Editions Golias. 2000.

Elu manager de l’année 1999, le PDG du nouveau groupe pétrolier TotalFina-Elf, Thierry Desmarets, est aujourd’hui mis en accusation. Il aura fallu la marée noire consécutive au naufrage de l’Erika pour que les Français s’indignent de la légèreté dont a fait preuve Total, affréteur de la cargaison de fioul ultra-lourd qui pollue, depuis Noël 1999, le littoral Atlantique. Pourtant, cette entreprise pétrolière a été montrée du doigt, depuis le début des années quatre-vingt-dix, pour son rôle controversé en Birmanie, en devenant le principal investisseur dans ce pays soumis aux excès d’une junte féroce.

Car la dictature birmane n’est pas seulement coupable de maintenir sous sa botte une opposition démocratique pourtant élue à une large majorité en 1990. Premier exportateur mondial d’héroïne, tirant l’essentiel de ses revenus de l’argent de la drogue, la junte birmane a également recours au travail forcé.

Autant d’avatars dont, quoi qu’elle prétende, la firme Total est sciemment complice. Est-ce une coïncidence si la même compagnie qui ferme les yeux sur les brimades infligées aux Birmans par une narco-dictature dénoncée dans le monde entier - à qui elle fournit, par ses capitaux, une occasion unique de blanchir ses « héro-dollars » - est aussi mise sur la sellette pour les libertés qu’elle prend avec la sécurité de ses transports maritimes de fioul ?

Non, argument, Francis Christophe qui, paraphrasant la devise publicitaire du groupe, explique pourquoi « vous ne boycotterez plus Total par hasard »....


ASSEMBLEE NATIONALE FRANCAISE : Rapport d’information n° 1859 sur le rôle des compagnies pétrolières dans la politique internationale et son impact social et environnemental.

Présenté par Mme Marie-Hélène Aubert et MM. Pierre Brana et Roland Blum.

Tome I : Rapport.

Tome II : Auditions. 1999.

TOTAL en Birmanie : pages 86 à 94 et suivantes du tome I.


Birmanie, la dictature du pavot.

Francis Christophe.

Editions Philippe Picquier. 1998.

La Birmanie est, depuis des années, au ban de la société internationale. Premier producteur et exportateur d’héroïne au monde, elle est dirigée par une junte militaire qui a confisqué un pouvoir légitime conquis dans les urnes par Aung San Suu Kyi, à qui fut attribué en 1991 le prix Nobel de la paix. La Birmanie est aussi une pomme de discorde entre l’Union européenne et l’Association des nations du Sud-Est asiatique, adepte d’un « engagement constructif » avec ce pays, en dépit des sanctions américaines et européennes décrétées contre la junte et des multiples violations des droits de l’homme qui y sont régulièrement dénoncées. La Birmanie est surtout l’enjeu d’investissements économiques formidables et il ne s’agit ni plus ni moins aujourd’hui que de l’attitude des démocraties face à un régime totalitaire. Ce qui nous conduit à nous interroger avec Montesquieu sur le sens d’une coopération avec un pays que l’on qualifie de narcodictature : « Les puissances établies par le commerce peuvent subsister longtemps dans leur médiocrité ; mais leur grandeur est de peu de durée ».


L’économie de la Birmanie : une dépendance de la drogue.

Alain S. de Sacy.

Editions Vuibert. 1997

A l’heure où les économies émergentes d’Asie suscitent des engouements qui pourraient se révéler intempestifs, il est indispensable de disposer d’états des lieux approfondis pour peser les opportunités et les risques.

La Birmanie illustre de façon exemplaire cette équation incertaine. Elle associe de sérieux atouts aux mesures brutales d’un pouvoir dictatorial et à la menace incessante de rébellions ethniques.

Derrière l’écheveau de ces facteurs politiques se cache une réalité économique inquiétante. L’auteur, grâce à une analyse comptable de l’économie birmane, démontre que celle-ci est divisée en deux : l’une, licite, qui s’effondre ; l’autre, illicite, qui fait de la Birmanie la propriété des trafiquants mondiaux de drogue et maintient la première en état de survie.


La Voix du Défi. Aung San Suu Kyi.

Conversations avec Alan Clements.

Editions stock. 1996.

D’où Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, tire-t-elle la conviction et la force qui, depuis huit longues années, lui permettent de mener avec un héroïsme tranquille le plus inégal des combats contre la junte au pouvoir en Birmanie ? Elle refuse la provocation, elle refuse la peur, elle refuse la haine. Elle s’obstine à réclamer le dialogue. Comment, face aux injures, - elle fut six ans prisonnière dans sa propre maison, plus de deux ans sans nouvelles de son mari et de ses jeunes enfants - comment face aux brimades quotidiennes, réussit-elle à garder cette extraordinairement mesure ? Avec une clarté et une simplicité admirables, elle l’explique longuement pour la première fois dans ce livre à la fois d’une actualité brûlante et d’une philosophie intemporelle.

Elle a tenu à donner la parole à ses deux plus vieux compagnons de lutte. Vice-présidents de la NLD (la ligue Nationale pour la Démocratie) que dirige Aung San Suu Kyi, U Tin Oo et U Kyi Maung décrivent avec vigueur et originalité la personnalité des acteurs d’une lutte exemplaire dont l’issue est encore hélas très incertaine.


BIRMANIE : la révolution kidnappée 1981-1995.

Richard Sola.

Editions l’Harmattan. 1996.

Toujours aussi isolée géographiquement et politiquement, la Birmanie semble opérer un léger retour dans le domaine économique. Après avoir perdu une vingtaine d’années dans une aventure collectiviste sans lendemain, le régime, toujours aux mains de Ne Win, n’a pas su accepter un processus de démocratisation qu’il aurait pu canaliser et a préféré - comme en 1962 - se lancer dans un nouveau coup d’Etat en septembre 1988.

Conséquences : l’exode d’une partie de l’élite nationale, des milliers de prisonniers politiques et de détenus exécutés, sans parler des déportations de population. L’opprobre international tarda d’autant moins que les élections de mai 1990 avaient donné une victoire absolue à l’opposition. Un scrutin que la junte n’a jamais reconnu et devait amener le Comité Nobel à attribuer en octobre 1991 son prix de la paix à la dissidente, Aung San Suu Kyi.

Malgré la virulente répression politique, de nombreuses entreprises ont déjà posé de sérieux jalons dans le pays, et la France y a d’autant plus sa place qu’au début des années quatre-vingt ses relations économiques bilatérales étaient particulièrement fructueuses. Les deux pays ont un rendez-vous, mais qui fera les premiers pas vers un nouveau dialogue ?


Dossier noir BIRMANIE.

Alan Clements.

Editions Dagorno. 1994.

On ne sait pas ce qui se passe en Birmanie.

On a eu vent de quelques massacres en 1988 et 1990 ; on peut savoir que l’opposition a remporté 80% des sièges aux élections de 1990, et que le leader incontesté de cette opposition, Mme Aung San Suu Kyi, a été la même année récompensée par le prix Nobel de la Paix. Mais le parlement n’a jamais été réuni et Aung San Suu Kyi est depuis en « résidence surveillée ».

Ce que l’on sait moins, c’est que le régime birman - une dictature instaurée par le général Ne Win en 1962 - est l’un des plus criminels de cette fin de siècle. Grand organisateur de la production et du trafic d’héroïne, le SLORC (Conseil d’Etat pour la restauration de la loi et de l’ordre) a fait de celle-ci la principale « ressource » du pays. Et pour protéger son petit commerce, le régime n’hésite pas à recourir au viol massif des droits de l’homme.

Ce livre est une plongée au pays de l’horreur - une horreur contemporaine. La Birmanie s’est rebaptisée « Myanmar », et signe aujourd’hui de gros contrats - en particulier avec des entreprises françaises, dont Total, très intéressé par le gaz naturel du golfe du Martaban, et apparemment peu soucieux de morale.


SE LIBERER DE LA PEUR.

Aung San Suu Kyi.

Editions Des Femmes - Antoinette Fouque. 1991

« Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l’exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime... Dans un système qui dénie l’existence des droits humains fondamentaux, la peur tend à faire partie de l’ordre des choses : peur d’être emprisonné ou torturé, peur de la mort, peur de perdre ses amis, sa famille, ses biens ou ses moyens de subsistance, peur de la pauvreté, de l’isolement ou de l’échec. Dans sa forme la plus insidieuse, la peur prend le masque du bon sens, voir de la sagesse, en condamnant comme insensés, imprudents, inefficaces ou inutiles les petits gestes quotidiens de courage qui aident à préserver respect de soi et dignité humaine. Un peuple assujetti à une loi de fer et conditionné par la crainte a bien du mal à se libérer des souillures débilitantes de la peur. Mais aucune machinerie d’Etat, fût-elle la plus écrasante, ne peut empêcher le courage de resurgir encore et toujours, car la peur n’est pas l’état naturel de l’homme civilisé. »


Myanmar - Birmanie - la démocratie piétinée.

Amnesty International.

Editions francophones. 1990.

Après avoir régné pendant près de trente ans sur le Myanmar, le gouvernement militaire a refusé d’abandonner le pouvoir à la suite des élections de juillet 90 qui ont donné une majorité écrasante à ses adversaires.

Fondé sur la peur et la censure ce gouvernement fut gravement remis en question lors d’importantes manifestations en 1988, et la loi martiale fut alors promulguée.

Manifestations pacifiques écrasées dans le sang par les troupes gouvernementales, détentions sans inculpation ni jugement, recours très fréquent à la torture et aux exécutions extrajudiciaires, telles sont les méthodes employées pour réduire au silence l’opposition, en particulier les minorités ethniques ayant créé des forces armées.

Malgré les manœuvres d’intimidation du gouvernement birman, Amnesty rapporte des témoignages sur la situation désastreuse des droits de l’homme au Myanmar et demande aux autorités militaires de tout mettre en œuvre pour y mettre fin.


BIRMANIE, Myanmar : minorités et réfugiés.

Christophe Russel.

Editions Groupement pour les droits des minorités. 1990.

Christophe Russel a une connaissance de première main de la Birmanie et de ses problèmes.

L’étude à laquelle il s’est livré, tout en tenant compte de l’évolution générale de la Birmanie, est plus particulièrement centrée sur le problème des minorités ethniques et de leur rébellion contre le gouvernement central et sur celui des réfugiés. Il a ainsi le grand mérite d’alerter l’opinion sur un état de choses douloureux et très généralement ignoré du public, mais aussi d’attirer l’attention sur ce qui constitue en réalité le centre même des difficultés politiques que la Birmanie connaît depuis plus de quarante ans.


LA BIRMANIE ou la quête de l’unité. Le problème de la cohésion nationale dans la Birmanie contemporaine et sa perspective historique.

Pierre Fistié.

Ecole française d’Extrême-Orient. 1985.


BIRMANIE, sur la piste des seigneurs de la guerre.

André et Louis Boucaud.

Editions l’Harmattan. 1985.

La Birmanie est un des pays les plus fermés au monde, et d’où filtrent très peu d’informations. A côté de la facette célèbre de ses temples et ruines bouddhistes, elle occupe une part considérable du légendaire Triangle d’Or à l’origine d’une des principales productions d’opium. La recherche de la culture du pavot et des filières de l’opium ont conduit les auteurs à pénétrer profondément dans les régions interdites du pays, les mystérieuses Régions Frontières qui constituent le monde des minorités. Là ils ont croisé la source de tous les trafics et, en suivant les pistes de contrebande, ils ont pu remonter les filières clandestines des rébellions ethniques, parfois presque inconnues, qui expriment leur opposition armée au régime de Rangoon depuis plus de 35 ans pour certaines d’entre elles.

Cet ouvrage, conçu comme une enquête, retrace leurs cheminements et l’histoire de ces hommes, hospitaliers et désintéressés, qu’ils ont rencontrés. Mais derrière les combats des minorités qui revendiquent leur identité propre s’agite le rôle grandissant de la Chine. C’est donc aussi un témoignage sur les causes et implications d’une révolte généralisée à toutes les minorités du pays contre le pouvoir central, dans laquelle la drogue n’est bien souvent qu’un moyen ; il s’appuie sur des documents inédits, des interviews exclusives et une longue expérience acquise sur le terrain parmi tous ces guérilleros de la jungle.

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