Biélorussie. Amnesty International et le Comité Helsinki de Biélorussie condamnent une exécution qui aurait déjà eu lieu


Déclaration publique

Amnesty International et le Comité Helsinki de Biélorussie condamnent l’exécution, qui aurait eu lieu récemment, d’Alyaksandr Syarheychyk par les autorités biélorusses. Alyaksandr Syarheychyk avait été reconnu coupable de meurtre, viol, vol d’armes à feu et de plusieurs autres infractions le 22 mai 2007 et condamné à mort.

Amnesty International et le Comité Helsinki de Biélorussie demandent instamment aux autorités biélorusses de donner immédiatement plus de détails, par écrit, sur cette affaire, soulignant que si Alyaksandr Syarheychyk a été exécuté, ses proches auraient dû avoir accès à toutes les informations concernant sa mort, notamment la date et le lieu de son exécution et de son enterrement et être autorisés à ramener ses restes et ses effets personnels.

Conformément à la résolution 2005/59 des Nations unies, adoptée le 20 avril 2005, la Commission des droits de l’Homme des Nations unies engage tous les États qui maintiennent encore la peine de mort à « rendre publics les renseignements concernant l’application de la peine de mort et toute exécution prévue »

Il est rappelé aux autorités biélorusses que le rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires a déclaré que « la transparence est essentielle chaque fois que la peine de mort est appliquée. Le fait de garder le secret au sujet des personnes exécutées constitue une violation des normes relatives aux droits humains. Un compte rendu complet et précis de toutes les exécutions devrait être publié et un rapport d’ensemble établi au moins chaque année . »

Amnesty International et le Comité Helsinki de Biélorussie s’opposent à la peine de mort dans tous les cas sans exception. La peine de mort est le déni ultime de tous les droits humains, elle viole le droit à la vie, proclamé dans l’article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. C’est le châtiment ultime, le plus cruel, le plus inhumain et le plus dégradant.

La récente résolution en faveur d’un moratoire sur les exécutions adoptée par la Troisième Commission des Nations unies le 15 novembre engage tous les États qui maintiennent encore la peine de mort « à observer les normes internationales garantissant la protection des droits des personnes passibles de la peine de mort, à fournir au Secrétaire général des renseignements concernant l’application de la peine capitale et à limiter progressivement l’application de la peine de mort et réduire le nombre d’infractions qui emportent cette peine ».

Complément d’information

La Biélorussie est le seul pays d’Europe et de l’ancienne Union soviétique à continuer d’exécuter des prisonniers. La Biélorussie maintient la peine capitale pour le « meurtre avec préméditation et circonstances aggravantes » et douze autres infractions commises en temps de paix. On ne dispose d’aucune données concernant le nombre d’exécutions en 2007. Les condamnés à mort sont exécutés d’une balle dans la nuque et les proches ne sont pas informés officiellement de la date de l’exécution ni de l’endroit où le corps est enterré. Le 16 novembre, commentant la résolution des Nations unies pour un moratoire sur la peine de mort adoptée le 15 novembre, le ministre de l’Intérieur a déclaré aux journalistes qu’il était trop tôt pour décréter un moratoire en Biélorussie.

Toutes les infos

Infos liées

Toutes les actions

Actions liées