BIÉLORUSSIE (BÉLARUS) : Fête de l’indépendance marquée par une nouvelle vague d’interpellations

Index AI : EUR 49/002/2003

2003 sera encore une triste année pour les manifestants pacifiques en Biélorussie. Le bilan très critiqué du gouvernement en matière de droits humains s’est encore alourdi hier avec le début d’une nouvelle vague de répression, a déclaré Amnesty International ce lundi 24 mars.

Le 23 mars, environ cinquante manifestants pacifistes ont été interpellés dans le centre de Minsk alors qu’ils participaient à une manifestation de protestation contre le gouvernement du président Alexandre Loukachenko. Cette manifestation, non-autorisée, avait été organisée de manière à coïncider avec le quatre-vingt cinquième anniversaire de la création de la première République de Biélorussie.

« Cette déplorable affaire est un nouveau signal envoyé par le gouvernement du président Alexandre Loukachenko, qui annonce clairement son intention de passer outre aux droits humains et aux libertés fondamentales du peuple biélorusse, a déclaré Amnesty International.

« Cela révèle également que ceux qui prennent les décisions au niveau politique en Biélorussie sont toujours aussi obstinément intolérants et qu’ils ne supportent pas que certains citoyens aient des opinions contraires à celles de l’administration en place. »

Parmi les personnes interpellées se trouvent des dirigeants et militants de partis politiques, d’organisations de jeunesse et d’autres organisations non-gouvernementales ; Pavel Znavets, membre du parlement dissous de Biélorussie, Vyacheslav Sivchik, vice-président du Front populaire biélorusse et Pavel Severinets, important dirigeant du mouvement de la jeunesse figurent également parmi les personnes arrêtées.

Bien qu’un nombre relativement important de personnes interpellées aient été remises en liberté hier dimanche, quatorze manifestants auraient passé la nuit au centre de détention Okrestina de Minsk, réputé pour être particulièrement sinistre.

Dans la journée de lundi, la première vague de condamnations à des peines de prison a été prononcée à l’encontre de manifestants par le tribunal du quartier Lénine de Minsk. Parmi les premières décisions rendues par le tribunal figuraient celles concernant sept manifestants, condamnés à des peines allant de cinq à quinze jours. Au moins vingt autres personnes auraient reçu un avertissement officiel et auraient été condamnées à des amendes. On craint de nouvelles condamnations dans les prochains jours.

« On ne peut que condamner le fait que le gouvernement du président Alexandre Loukachenko continue à incarcérer pour des périodes plus ou moins longues certains de ses concitoyens, alors qu’il a été mis au pilori pour cela à de nombreuses reprises par la communauté internationale », a déclaré Amnesty International.

Il y a à peine deux semaines étaient arrêtés et condamnés à quinze jours de prison pour avoir joué un rôle dans l’organisation d’une autre action de masse à Minsk le 12 mars Andrei Sannikov, ancien vice-ministre des Affaires étrangères, Ludmila Gryaznova et Dimitri Bondarenko, défenseurs des droits humains et membres de la Charte 97 ainsi que Leonid Malakhov, représentant des petits commerçants.

Amnesty International considère comme prisonnier d’opinion toute personne détenue pour avoir participé de manière pacifique à l’action de protestation du 23 mars ou à la manifestation du 12 mars ; elle demande la remise en liberté immédiate et sans condition de ces personnes.

Toutes les infos

Infos liées

Toutes les actions

Actions liées