BIÉLORUSSIE La liberté d’expression doit être accordée aux manifestants

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Les autorités de Biélorussie doivent veiller à ce que soit respecté le droit
des opposants politiques au régime et des militants des droits humains de
manifester pacifiquement, a déclaré Amnesty International ce mardi 20
juillet 2004. Des manifestations anti-gouvernementales sont prévues le 21
juillet, à l’occasion du dixième anniversaire de la présidence d’Alexandre
Loukachenko.

« On ne doit pas voir se répéter les scènes pénibles de brutalité policière
et d’arrestations arbitraires dont certains ont été témoins dans le passé
lors d’autres manifestations, a indiqué Amnesty International.

« Les normes internationales relatives aux droits humains doivent être
pleinement respectées au cours des opérations de maintien de l’ordre », a
souligné l’organisation.

Dans le passé, les autorités de Biélorussie ont répondu par la répression
aux actions de protestation à grande échelle, arrêtant de très nombreuses
personnes. Amnesty International a, à de nombreuses reprises, exprimé aux
autorités sa préoccupation concernant le mépris des droits humains en
Biélorussie ; l’organisation s’inquiète, en particulier, des actes de
harcèlement et d’intimidation à l’égard des organisations
non-gouvernementales et des syndicats, du non-respect de la liberté
d’expression et d’association, ainsi que de la « disparition » d’hommes
politiques faisant partie de l’opposition et d’un cameraman.

« Les autorités de Biélorussie font continuellement preuve de leur manque de
tolérance à l’égard de ceux qui ne sont pas d’accord.

« Toute personne détenue pour avoir manifesté pacifiquement sera considérée
comme prisonnier d’opinion », a déclaré Amnesty International, alors que
l’organisation s’apprête à observer de près les manifestations prévues pour
le 21 juillet.

Les autorités de Biélorussie sont tenues, au titre des articles 19 et 21 du
Pacte international relatif aux droits civils et politiques, de garantir aux
citoyens de ce pays le droit à la liberté d’expression et le droit de
réunion pacifique. Cela est particulièrement important en cette période qui
précède des élections parlementaires prévues le 17 octobre, à un moment où
tous ceux qui ont un engagement au sein de la société civile, notamment les
membres de l’opposition, doivent pouvoir exprimer leurs opinions
ouvertement.

Complément d’information

En mars 2004, Amnesty International a appelé les autorités à cesser de
placer en détention des personnes ayant uniquement usé pacifiquement de
leurs droits fondamentaux à la liberté d’expression et d’association.

En avril 2002, 85 manifestants pacifiques ont été placés en détention et
plus de 30 condamnés à des peines d’emprisonnement allant de trois à quinze
jours. Les militants de l’opposition sont continuellement harcelés et, selon
Zubr, une organisation de jeunesse non-enregistrée officiellement en faveur
de la démocratie et des droits humains, dans la période allant de janvier
2001 à décembre 2003, plus de mille problèmes ont été répertoriés au cours
d’actions publiques à caractère pacifique. Amnesty International a déjà
repris les dossiers de deux militants arrêtés pour avoir exprimé
pacifiquement leur opinion cette année.

En avril 2004, la commission des droits de l’homme des Nations unies a
critiqué la Biélorussie, suite à des informations faisant état de la
poursuite des arrestations et mises en détention arbitraires et du
harcèlement des organisations non-gouvernementales et des partis politiques
d’opposition ainsi que des personnes engagées dans une action démocratique.
Elle a appelé la Biélorussie à mettre l’action de ses forces de police et de
sécurité en conformité avec les obligations du pays au titre du Pacte
international relatif aux droits civils et politiques.

En mai 2004, le Conseil de l’Europe a rejeté une demande de la Biélorussie
qui souhaitait rétablir son statut spécial auprès de l’organisation, lequel
avait été suspendu lorsque le président Loukachenko avait dissous le
parlement en 1997.

Index AI : EUR 49/014/2004
ÉFAI

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