Communiqué de presse

Big Brother a toujours raison

Des gouvernements du monde entier prennent le contrôle d’Internet pour réprimer la libre expression en ligne, censurer les informations relatives aux violations des droits et surveiller les internautes de manière non ciblée au nom de la sécurité nationale.

Figurent ci-après quelques exemples choquants de l’ingérence et de la surveillance exercées par les autorités sur Internet, sélectionnés afin d’illustrer l’ampleur et la gravité du problème, que ce soit dans des pays développés ou en développement.

Les chiffres de l’ingérence gouvernementale sur Internet

2 millions - nombre de personnes actuellement employées pour surveiller Internet en Chine .

193 - nombre de gouvernements étrangers, factions étrangères et organisations politiques que l’Agence nationale de sécurité a été autorisée à espionner par les autorités des États-Unis .

1 000 - nombre de coups de fouet auquel Raif Badawi a été condamné en Arabie saoudite, après avoir été déclaré coupable d’avoir « créé un site Internet », insulté l’islam et ridiculisé des figures islamiques. Il purge actuellement une peine de 10 ans d’emprisonnement pour cette même infraction.

24 heures - durée de la déconnexion à Internet ordonnée par les autorités soudanaises afin d’empêcher l’organisation d’actions de protestation sur les réseaux sociaux le 25 septembre 2013 .

29
- nombre d’utilisateurs de Twitter qui encourent trois ans de prison à Izmir, en Turquie, pour avoir publié des tweets durant les manifestations de l’an dernier. Aucun de ces tweets ne contenait d’incitation à la violence. Ces 29 internautes sont les derniers en date d’une longue liste de dissidents poursuivis ou condamnés pour leurs publications sur les médias sociaux.

7
- nombre de jours écoulés entre la présentation par le Royaume-Uni d’un projet de loi sur l’extension des pouvoirs de surveillance des services britanniques de sécurité, et la promulgation de ce texte. Le projet de loi sur la conservation des données et les pouvoirs d’enquête a été adopté à la hâte à la faveur d’une procédure d’urgence, ce qui a empêché que le Parlement ou le public britanniques puissent le soumettre à un examen scrupuleux.

34
- nombre de blogueurs détenus au Viêt-Nam, ce qui situe ce pays au deuxième rang mondial en matière d’incarcération d’internautes. La Chine occupe la première place .

Le saviez-vous ?

La France a introduit la Loi de programmation militaire, un nouveau texte qui autorise l’interception de communications en ligne sans que cela ne nécessite de mandat.

L’Autorité des télécommunications du Pakistan a demandé à Twitter de bloquer les tweets « blasphématoires ». Après avoir brièvement accepté, Twitter est revenu sur sa décision au bout de quelques semaines, face à la forte réaction de la société civile et des utilisateurs des médias sociaux, notamment sur Twitter . Facebook est régulièrement bloqué par les autorités pakistanaises en raison de contenus blasphématoires, et YouTube continue à être entièrement interdit pour le même motif.

La Thaïlande a bloqué YouTube après la publication de vidéos critiquant le roi de ce pays. En 2014, plusieurs utilisateurs de Facebook ont été arrêtés et poursuivis pour des publications considérées comme offensantes à l’égard de la monarchie. Même ceux qui ont « aimé » ces déclarations ont été menacés de poursuites.

Depuis 2013, les autorités saoudiennes ont intensifié leurs efforts de prévention du cybermilitantisme, en essayant de contrôler tous les médias sociaux ou d’interdire purement et simplement les applications chiffrées de type Skype, WhatsApp, Viber et Line.

Les services secrets éthiopiens utilisent des logiciels développés par des entreprises britanniques et allemandes qui permettent d’infecter un ordinateur et de le contrôler à distance. Ces outils permettent de prendre connaissance des dossiers d’un utilisateur, de ses informations personnelles et activités, notamment en relevant les caractères saisis sur le clavier de l’ordinateur afin d’obtenir ses mots de passe, et en allumant la webcam et le micro, transformant ni plus ni moins l’ordinateur en dispositif d’écoute.

En 2011, l’Iran a créé une cyberpolice chargée de lutter contre les « infractions commises sur Internet » et de prévenir certaines activités en ligne, notamment sur les réseaux sociaux, qui représentent selon les autorités une menace à la sécurité nationale. Cet organe effectue un suivi des activités de certains internautes et arrête fréquemment des personnes pour leurs publications en ligne, bien que beaucoup d’entre elles n’aient fait qu’exercer leur droit à la liberté d’expression de manière pourtant pacifique.

Note : Les faits et statistiques avec un appel de note ne doivent pas être présentés comme les résultats de recherches effectuées par Amnesty International.

The Beijing News. http://epaper.bjnews.com.cn/html/2013-10/03/content_469152.htm

The Washington Post. http://www.washingtonpost.com/world/national-security/court-gave-nsa-broad-leeway-in-surveillance-documents-show/2014/06/30/32b872ec-fae4-11e3-8176-f2c941cf35f1_story.html

Reporters sans frontières. http://12mars.rsf.org/2014-en/enemies-of-the-internet-2014-entities-at-the-heart-of-censorship-and-surveillance/

Reporters sans frontières. http://rsf.org/index2014/en-asia.php

The New York Times. http://www.nytimes.com/2014/05/22/world/asia/twitter-agrees-to-block-blasphemous-tweets-in-pakistan.html

Human Rights Watch. http://www.hrw.org/reports/2014/03/25/they-know-everything-we-do

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