Communiqué de presse

Black-out autour de l’anniversaire des événements de Tiananmen

Mis à jour le 30 mai 2014

Depuis 25 ans, les citoyens chinois sont toujours persécutés lorsqu’ils tentent de commémorer les événements de juin 1989. Cette année-là, dans la nuit du 3 au 4 juin, des centaines, voire des milliers de personnes ont été blessées ou tuées après que l’Armée populaire de libération eut ouvert le feu sur des manifestants sans armes.

Pendant les semaines précédant ce 25e anniversaire du 4 juin, des militants ont été placés en détention, interrogés par la police ou placés en résidence surveillée, les autorités cherchant à empêcher tout hommage public à ceux qui sont morts durant la répression.

Amnesty International continue à compléter la liste des militants qui ont été visés à l’approche du 4 juin. On trouvera ci-dessous les dernières informations obtenues par Amnesty International sur les personnes qui ont été détenues ou interrogées à l’approche du 25e anniversaire de la tuerie, ou qui sont portées disparues.

Les événements de 1989 demeurent officiellement un tabou en Chine. Les tentatives visant à commémorer, débattre et réclamer justice pour ce qui s’est passé sont jugulées par la force et tout débat public est interdit.

Personnes détenues (par la police pour une infraction pénale présumée) :

 Pu Zhiqiang, avocat défenseur des droits humains. Placé en détention le 6 mai à Pékin, soupçonné d’avoir « cherché à provoquer des conflits » (emmené pour interrogatoire le 4 mai) pour avoir participé le 3 mai à un séminaire sur le 25e anniversaire de la répression de la place Tiananmen.

 Hao Jian, critique de cinéma et universitaire. Placé en détention le 6 mai à Pékin, soupçonné d’avoir « cherché à provoquer des conflits ».

 Xu Youyu, universitaire. Placé en détention le 6 mai à Pékin, soupçonné d’avoir « cherché à provoquer des conflits ». D’après les informations disponibles, Xu Youyu se serait vu refuser les soins dont il avait besoin.

 Liu Di, écrivaine. Placée en détention le 6 mai à Pékin, soupçonnée d’avoir « cherché à provoquer des conflits ».

 Hu Shigen, écrivain. Placé en détention le 6 mai à Pékin, soupçonné d’avoir « cherché à provoquer des conflits » (voir l’Action urgente d’Amnesty sur ces cinq personnes).

 Gao Yu, journaliste. Placée en détention le 8 mai à Pékin, soupçonnée d’avoir « divulgué des secrets d’État à une entité étrangère » (emmenée avec son fils Zhao Meng le 24 avril. Zhao Meng a été remis en liberté le 23 mai.)

 Xie Wenfei. Placé en détention le 8 mai à Foshan, province du Guangdong, soupçonné d’avoir « cherché à provoquer des conflits ».

 Qu Zhenhong, détenue car soupçonnée d’« obtention d’informations personnelles par des voies illégales ».

 Tang Jingling, placé en détention à Ganzhou le 16 mai, soupçonné d’avoir « cherché à provoquer des conflits ». Tang Jingling aurait été frappé en détention.

 Wang Qingying, placée en détention à Ganzhou le 16 mai, soupçonnée d’avoir « cherché à provoquer des conflits ». Wang Qingying aurait été frappée en détention.

 Shengguan (Xu Zhiqiang), moine bouddhiste, placé en détention à Wuhan, province du Hubei, le 18 mai, soupçonné d’« incitation à la subversion de l’État ».

 Chang Boyang, avocat, a été interrogé dans la soirée du 27 mai. Il a été placé en détention le 29 mai à Zhengzhou, dans la province du Henan, soupçonné d’avoir « rassemblé la foule dans le but de troubler l’ordre public ». D’après les informations disponibles, il avait apposé sa signature sur une déclaration soutenant les participants à une cérémonie à la mémoire des dirigeants du Parti communiste chinois défunts Zhao Ziyang et Hu Yaobang, qui avait eu lieu au Henan le 2 février.

 Ji Laisong, avocat, placé en détention à Zhengzhou, province du Henan, soupçonné d’avoir « rassemblé la foule dans le but de troubler l’ordre public ». Il aurait assisté à une cérémonie à la mémoire des dirigeants du Parti communiste chinois défunts Zhao Ziyang et Hu Yaobang, qui avait eu lieu au Henan le 2 février.

 Yuan Xinting, dont on n’avait pas eu de nouvelles dans la semaine du 20 mai. Il a été confirmé par la suite qu’il est détenu à Guangzhou, soupçonné d’avoir « cherché à provoquer des conflits ».

 Xin Jian, assistante aux informations au journal japonais Nikkei à Chongqing, a été placée en détention à Chongqing, soupçonnée d’avoir « cherché à provoquer des conflits ». Son interpellation par la police le 13 mai à Chongqing était liée au cas de Pu Zhiqiang, avocat, lui-même placé en détention le 6 mai.

 Wang Aizhong, placée en détention à Ganzhou le 29 mai, soupçonnée d’avoir « cherché à provoquer des conflits ».

Personne placée en état d’arrestation (détention validée par le parquet) :

Xu Guang, ancien leader du mouvement étudiant du 4 juin, a été placé en état d’arrestation dans la province du Zhejiang et inculpé le 9 mai d’« incitation à la subversion de l’État ».

Personnes arrêtées (mais pas encore accusées d’une infraction, ni placées en état d’arrestation en bonne et due forme) :

 Chen Guang, artiste et ancien soldat. Placé en détention le 7 mai, il serait lié à une performance artistique réalisée en privé et portant la référence 4 juin.

 Wu Bin (également appelé Xiucai Jianghu), placé en détention le 8 mai à Foshan, province du Guangdong.

 Yang Chong, placé en détention le 8 mai à Foshan, province du Guangdong.

 Liu Shihui (remise en liberté le 26 mai, elle aurait été blessée en détention)

Personnes interrogées par la police :

 Zhang Xianling, porte-parole des Mères de Tiananmen

 Cui Weiping

 Guo Yuhua

 Qin Hui

 Zhou Feng

 Wang Dongcheng

 Wu Wei

 Wang Xiaoshan

 Li Xuewen

 Ye Du

En résidence surveillée :

 Ding Zilin, porte-parole des Mères de Tiananmen. Elle se trouve actuellement dans sa ville natale de Jiaxing, province du Jiangsu.

 Hu Jia, à Pékin depuis le 24 février.

 Zhang Zuhua, Pékin

 Qi Zhiyong, Pékin

 Sun Wenguang, Jinan, province du Shandong

Personnes disparues, probablement détenues :

 Zhao Meng, fils de Gao Yu. Aux dernières nouvelles, le 24 avril, il était à Pékin.

 Vivian Wu Wei. Aux dernières nouvelles, le 7 mai, elle était à Pékin.

 Wen Kejian. Les dernières nouvelles remontent au 13 mai, alors que Wen Kejian se trouvait à Hangzhou, province du Zhejiang.

 Jiang Lijun, dont les dernières nouvelles remontent au 16 mai à Shenyang, province du Liaoning.

 Ma Xiaoming, dont les dernières nouvelles remontent au 20 mai, à Xi’an.

Les cinq personnes ci-après ont, semble-t-il, été placées en détention au début de la semaine du 26 mai. Elles avaient toutes assisté à une cérémonie à la mémoire des dirigeants du Parti communiste chinois défunts Zhao Ziyang et Hu Yaobang, célébrée le 2 février dans la ville natale de Zhao Ziyang, province du Henan :

 Shi Yu, journaliste du Henan, placée en détention à Zhengzhou, Henan.

 Fang Yan

 Hou Shuai

 Yu Siwen

 Chen Wei

Personnes en détention administrative :

 Li Hongwei, placée en détention administrative le 26 mai à Jinan, province du Shandong, pour une période de sept jours.

 Chen Qingquan, le mari de Li Hongwei, placé en détention administrative le 26 mai à Jinan, province du Shandong, pour une période de cinq jours.

Personne détenue puis relâchée :

Tan Kai, placé en détention le 2 avril. Remis en liberté le 9 mai, il reste en résidence surveillée.

Beaucoup d’autres personnes purgent de longues peines d’emprisonnement pour avoir demandé une société chinoise plus ouverte et des réformes politiques. Parmi elles figurent le prix Nobel Liu Xiaobo, Chen Wei, Chen Xi, Zhu Yufu et Gu Yiwen.

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