BOLIVIE : Il faut une réelle volonté politique pour qu’à l’avenir les droits humains soient respectés

Index AI : AMR 18/016/2003
EFAI
Lundi 27 octobre 2003

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Amnesty International a écrit au président de la Bolivie, Carlos Mesa Gisbert, pour demander aux autorités boliviennes de prendre des mesures concrètes pour résoudre sans délai la crise des droits humains qui secoue le pays.
« La crise actuelle doit être résolue en s’inspirant des principes internationaux relatifs aux droits humains, a déclaré l’organisation. Le nouveau gouvernement doit reconnaître que la crise a son origine dans le non respect des droits économiques, sociaux et culturels des secteurs marginalisés de la population. »
Dans son courrier, Amnesty International exhorte les nouveaux dirigeants à mener une enquête exhaustive sur la mort de plus de 80 personnes aux mains des forces de sécurité lors des manifestations qui ont eu lieu en Bolivie au cours des dernières semaines.
« Il faut que la justice civile enquête de manière exhaustive et concluante sur ces violations des normes internationales relatives aux droits humains, a insisté l’organisation. Plusieurs organisations intergouvernementales ont déjà indiqué qu’il était contraire aux normes internationales relatives aux droits humains de confier à des tribunaux militaires le jugement de membres des forces armées accusés de violations des droits humains. »
De même, Amnesty International a prié instamment les autorités de prendre des mesures concrètes face aux informations indiquant que des détenus ont été torturés et maltraités par des membres des forces de sécurité et que les conditions carcérales s’apparentent à des traitements cruels, inhumains et dégradants.
« Les nouvelles autorités du pays doivent faire le nécessaire pour que l’ensemble des agents des forces de sécurité reçoivent une formation adaptée sur la législation nationale et internationale relatives aux droits humains et les moyens d’assurer la protection de ces droits », a souligné Amnesty International.
L’organisation a également exprimé sa vive préoccupation quant au non respect des normes internationales relatives aux droits humains auxquelles la Bolivie est partie.
« Parmi ces violations on recense l’absence d’investigations exhaustives, indépendantes et concluantes sur les plaintes concernant les violations des droits humains et les menaces et agressions perpétrées contre des défenseurs des droits humains » a-t-elle précisé.
Amnesty International a aussi fait part aux autorités de son inquiétude au sujet de l’accord bilatéral entre la Bolivie et les États-Unis au sujet de la Cour pénale internationale, qui prévoit que les ressortissants des États-Unis accusés de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre ne pourront pas être poursuivis par la Cour.
Amnesty International demande à la nouvelle équipe au pouvoir de refuser de signer cet accord contraire aux obligations contractées par la Bolivie aux termes du droit international et en particulier aux obligations qui sont les siennes en tant qu’État partie au Statut de Rome.
« De nombreuses mesures doivent être prises pour protéger et promouvoir les droits humains dans le pays. Certaines de ces mesures nécessitent des directives administratives, d’autres l’adoption de nouvelles lois mais beaucoup requièrent simplement que soit appliqué ce que la législation bolivienne prévoit déjà.
« Quelles qu’elles soient, ces mesures requièrent avant tout une réelle volonté politique, à tous les niveaux », a conclu l’organisation de défense des droits humains.

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