Bolivie : L’opposition violente à l’amélioration des conditions de vie des indigènes guaranis est inacceptable

Amnesty International exhorte les éleveurs de bétail et les propriétaires terriens ayant fait le choix d’une opposition violente au processus d’assainissement du territoire indigène guarani d’Alto Parapetí, situé dans la province Cordillera du département de Santa Cruz, à abandonner la violence, à éviter de recourir à un quelconque mode de protestation menaçant l’intégrité physique de qui que ce soit, et à contribuer de manière pacifique à trouver une solution visant à protéger les droits fondamentaux de la population guarani.

Amnesty International souhaite que les instances départementales et associatives qui, d’après certaines informations reçues par l’organisation, ont appuyé les protestations brutales des éleveurs de bétail, indiquent de façon claire que ces violences ne seront pas tolérées, et ouvrent un dialogue constructif favorisant la promotion et la protection de ce peuple indigène et des droits fondamentaux de tous et toutes en Bolivie, en particulier des personnes défavorisées, les plus touchées par la discrimination et la marginalisation.

Selon des informations émanant de l’Organisation internationale du travail, du Haut-commissariat aux droits de l’homme des Nations unies et de la Commission interaméricaine des droits de l’homme de l’Organisation des États américains, plus de 167 familles appartenant au peuple guarani vivent sous le joug de la servitude, contraintes au travail des champs par les dettes ou à d’autres formes similaires d’esclavage dans 13 exploitations agricoles du territoire d’Alto Parapetí.

Face à la gravité de la situation en termes de droits humains, une commission créée par le gouvernement bolivien – présidée par le vice-ministre chargé des questions foncières et les responsables de l’Instituto Nacional de Reforma Agraria (Institut national de réforme agraire) à l’échelon national et départemental, et accompagnée d’une délégation du peuple guarani – a tenté d’initier le 27 février le processus d’assainissement du territoire guarani d’Alto Parapetí.

D’après certaines sources, cette commission s’est vu barrer la route et a été attaquée par des propriétaires terriens et des hommes armés. La délégation gouvernementale a été privée de liberté et conduite vers un autre lieu où l’on a cherché à contraindre ses membres à suspendre, par le biais d’actes juridiques, le processus légal d’assainissement des terres agraires, jusqu’à ce que soient connus les résultats du référendum concernant l’autonomie du département de Santa Cruz, organisé le 4 mai prochain par la préfecture de ce dernier.

Le point de rencontre de tous les secteurs de la société, indépendamment des opinions et des stratégies politiques doit être la promotion et la protection des droits humains. Il ne sera possible de briser le cercle vicieux de la pauvreté et de l’exclusion qu’en luttant contre les violations des droits humains qui sont à l’origine de ces fléaux et les alimentent.

Complément d’information

En novembre 2006, le Congrès bolivien a promulgué la loi n° 3545 relative à la prorogation de la réforme agraire dans certaines communautés, et a pris en août 2007 le décret suprême n° 29215 introduisant le nouveau processus d’assainissement et de délivrance des titres de propriété des terres communautaires d’origine, qui concerne le statut constitutionnel des territoires indigènes.

Le 28 novembre 2007, il a adopté le décret suprême nº 29292, qui annonce la mise en œuvre d’un plan interministériel provisoire pour le peuple guarani pour la période 2007-2008, dont l’objectif est l’éradication de la servitude, du travail forcé et d’autres formes similaires d’esclavage. La commission gouvernementale et les délégations indigènes victimes des agressions signalées s’efforçaient de lancer, en application de ces dispositions, une action en faveur de la libération des familles maintenues en état de captivité et de la restitution à celles-ci de leurs territoires par le biais du processus d’assainissement des terres agraires.

Le 4 avril dernier, nous avons appris qu’une nouvelle commission – présidée par les mêmes instances gouvernementales que la commission du 27 février, et accompagnées par des policiers et des Guaranis – qui se dirigeait vers la localité indigène d’Itacuatía afin de donner le coup d’envoi du processus d’assainissement des terres, a été attaquée à coups de pierres et de bâtons par des éleveurs et les employés d’un propriétaire terrien local. D’après les éléments recueillis, les agresseurs étaient lourdement armés et la police n’a pas été en mesure de les dissuader de se livrer à ces agissements. Les violences ont été principalement dirigées contre les Guaranis et les policiers ; le capitaine de police accompagnant la commission a ainsi été grièvement blessé.

Dans le cadre des affrontements les plus récents, le 13 avril, dans la localité de Cuevo, près de Camiri, une ville du département de Santa Cruz, une délégation de Guaranis a été prise à partie par un groupe, à la demande semble-t-il de propriétaires terriens de la région ; une quarantaine de personnes ont été blessées, tandis que d’autres ont été prises en otage.

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