Communiqué de presse

Bolivie. Les candidats à l’élection présidentielle doivent s’engager en faveur des droits humains

Les candidats à l’élection présidentielle doivent profiter de l’occasion qui leur est offerte pour mettre en valeur les droits humains et traiter la question des violations de ces droits dont sont toujours victimes les citoyens boliviens, a déclaré Amnesty International mercredi 17 septembre lors de la publication d’une lettre ouverte aux cinq candidats en lice pour le scrutin du 12 octobre.

Dans sa lettre, Amnesty International expose cinq sujets de préoccupation clefs liés aux droits humains ainsi que 12 recommandations. Elle demande aux candidats de se concentrer sur des mesures concrètes pour remédier aux faiblesses du système judiciaire ; de révéler la vérité sur les violations des droits humains commises sous les régimes militaires, rendre la justice et accorder réparation aux victimes de ces violations ; de respecter les droits sexuels et reproductifs ; d’améliorer les conditions de détention et de garantir le respect des droits des peuples indigènes.

« Cette élection donne au nouveau gouvernement une bonne occasion d’approfondir les réformes mises en place jusqu’à présent et de s’engager à effectuer les changements en matière de droits humains dont le pays a tant besoin », a affirmé Guadalupe Marengo, directrice adjointe du programme Amériques d’Amnesty International.

« Le respect des droits humains doit être la pierre angulaire des programmes politiques de tous les candidats aux élections présidentielles en Bolivie.  »

Bien que quelques mesures positives aient été adoptées ces dernières années pour lutter contre la discrimination et promouvoir les droits économiques, sociaux et culturels des personnes les plus marginalisées, il reste encore beaucoup à faire pour garantir le respect des droits humains de tous.

« Les cinq partis politiques doivent profiter de cette occasion pour expliquer comment ils prévoient de relever les nombreux défis qui se présentent aujourd’hui en Bolivie en matière de droits humains », a déclaré Guadalupe Marengo.

Les problèmes qui depuis longtemps entravent le système judiciaire, comme le manque de ressources, sont un obstacle à la lutte contre l’impunité.

Le passé n’a pas été évoqué. De nombreuses victimes de violations des droits humains commises sous les régimes militaires qui ont gouverné la Bolivie entre 1964 et 1982 attendent toujours que la vérité leur soit révélée, que justice soit faite et qu’une réparation leur soit accordée. Amnesty International demande la création d’un mécanisme indépendant doté de ressources suffisantes et qui travaillerait en parallèle avec la justice pour que la lumière soit faite sur ces violations.

Le taux de mortalité maternelle en Bolivie reste l’un des plus élevés de la région et le taux de grossesses non désirées, en particulier chez les adolescentes, continue d’augmenter. Ce problème affecte surtout les femmes et les jeunes filles des secteurs les plus pauvres de la société.

« Le nouveau gouvernement aura l’occasion de remédier à la situation et de lutter contre les inégalités et la discrimination actuelles, notamment en adoptant une nouvelle législation en matière de droits sexuels et reproductifs, en renforçant les institutions et en consacrant une partie suffisante du budget à ces mesures. Tous les candidats doivent s’engager à lutter contre la culture de la discrimination et contre la tolérance de la violence à l’égard des femmes et des filles », a conclu Guadalupe Marengo.

« À un mois de l’élection, il est temps que les candidats expliquent comment ils vont relever les défis en matière de droits humains en Bolivie. Tous ces sujets de préoccupation peuvent être résolus grâce à une volonté politique adéquate, et c’est maintenant le moment de le faire. »

Lettre ouverte aux candidats à l’élection présidentielle :

http://www.amnesty.org/fr/library/info/AMR18/008/2014/es

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