Brésil, Amnesty International réagit aux propos de Jair Bolsonaro sur l’homicide de Marielle Franco

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Le 24 avril après-midi le président brésilien Jair Bolsonaro s’est exprimé au sujet de l’homicide de la défenseure des droits humains Marielle Franco et de son chauffeur Anderson Gomes.

« Lorsqu’il compare l’investigation menée sur l’attaque au couteau dont il a été victime durant la campagne électorale de 2018 à celle menée sur l’assassinat de Marielle Franco, en critiquant les efforts impartiaux des institutions brésiliennes s’agissant d’enquêter sur le meurtre de la militante des droits humains, Jair Bolsonaro semble considérer que sa vie importe davantage que celle d’autres citoyens brésiliens, témoigne de son manque de compréhension vis-à-vis de l’isonomie des institutions et minimise l’importance des défenseurs des droits humains au Brésil. Or, le président est tenu de protéger la vie de celles et ceux qui se consacrent à lutter pour un monde plus juste, a déclaré Jurema Werneck, directrice d’Amnesty International Brésil.

« Jair Bolsonaro semble considérer que sa vie importe davantage que celle d’autres citoyens brésiliens »

« Nous déplorons que les propos du président soient une nouvelle fois vecteurs de souffrance pour les familles de Marielle et d’Anderson, en pleine crise politique et en pleine pandémie. Aucun défenseur des droits humains ne sera en sécurité dans le pays tant que nous ne saurons pas qui a commandité leur assassinat, et pourquoi.

« Par ailleurs, Jair Bolsonaro a déclaré avoir utilisé les services de la police fédérale pour son propre compte, lorsqu’il a demandé que ses agents interrogent Elcio Queiroz et Ronnie Lessa, accusés d’avoir tué Marielle Franco, sur les liens présumés avec le président qui ont été évoqués au moment de leur arrestation. Cela pourrait indiquer que la police fédérale, placée sous son commandement, adopte des pistes d’enquête qui conviennent au gouvernement. Nous demandons que toutes les mesures soient prises pour enquêter sur l’abus de fonction concernant la police fédérale dans l’affaire de Marielle Franco. Le président a soulevé des préoccupations analogues lorsqu’il s’est interrogé sur la raison pour laquelle la police fédérale n’a pas enquêté sur le concierge ayant mentionné son nom dans son témoignage, ce qui s’est avéré faux par la suite, au bureau du procureur de Rio de Janeiro.

« Amnesty International a suivi l’affaire du meurtre de Marielle Franco depuis le premier jour, mobilisant le monde entier pour réclamer justice en faveur de cette défenseure des droits humains et de son chauffeur Anderson Gomes. Nous ne faiblirons pas dans cette quête. Nous ne relâcherons pas nos efforts tant que nous ne saurons pas qui a commandité le meurtre de Marielle et pourquoi. »

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