Brésil, Le gouvernement a omis des données ayant trait à la pandémie de COVID-19

Amnesty International

Alors que le nombre de cas de contaminations et de décès liés au COVID-19 ne cesse de s’accroître, la suppression des données cumulées sur ce virus dans les annonces du ministère de la Santé est extrêmement grave, dénonce Amnesty International Brésil. Depuis le début de la pandémie, nous mettons en garde contre l’absence de mesures adéquates prises par le gouvernement fédéral pour faire face à la crise. Nous ne pensons pas que le fait de dissimuler des données et des faits soit une réponse adaptée permettant de traverser cette période difficile.

Au mois de mai, Amnesty International Brésil, ainsi que 35 organisations de défense des droits humains et mouvements sociaux, ont lancé la campagne Our Lives Matter (« Nos vies comptent »). L’objectif de cette campagne est de faire en sorte que les autorités brésiliennes apportent des réponses adéquates et inclusives à la pandémie de COVID-19, sans laisser de côté les populations les plus fragiles.

Dans le cadre des recommandations de cette campagne, citons l’obligation pour le ministère de la Santé et les agences de santé au niveau des municipalités et des États de garantir la comptabilisation précise des données sur les cas d’affection de type grippal et de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS). Par ailleurs, les autorités sanitaires doivent assurer l’enregistrement des certificats de décès, comportant des informations sur l’origine ethnique/la couleur de peau, le genre et l’identité de genre, l’adresse et/ou la communauté à laquelle appartient la personne décédée du COVID-19. Cette campagne souligne également la nécessité pour ces autorités sanitaires de noter le lieu où chacune des personnes infectées est traitée, en précisant s’il s’agit d’un centre de soins public ou privé et la profession exercée par le patient, afin de recueillir des informations et d’appeler l’attention sur les inégalités dans l’accès aux soins de santé et de permettre ainsi l’élaboration de stratégies visant à garantir l’équité d’accès.

« La transparence est de mise pour la publication des données ayant trait à la pandémie, qui relèvent de l’intérêt public »

En ce qui concerne l’analyse et la diffusion des données, les autorités sanitaires doivent veiller à ce que les chiffres contiennent des données ventilées afin de se prêter à l’examen des différents organismes de suivi, de la société civile et des mouvements sociaux. La compilation, l’analyse et la publication de ces données, ainsi que la transparence dans la gestion des informations, sont fondamentales pour pouvoir proposer et planifier des politiques d’urgence, telles que la construction de centres de soins d’urgence, le redéploiement de personnel et d’équipement vers les régions les plus touchées, les mesures de confinement et de distanciation sociale, et l’allégement progressif de ces mesures.

En outre, la transparence est de mise pour la publication des données ayant trait à la pandémie, qui relèvent de l’intérêt public. Dans la décision qu’il a rendue, le juge de la Cour suprême fédérale Alexandre de Moraes estime qu’il faut rétablir la publication exhaustive de ces données, conformément à l’article 37 de la Constitution brésilienne, qui dispose : « L’administration publique de chacun des pouvoirs de l’Union, des États, du District fédéral et des Communes, tant directe qu’indirecte, ou sous régime de fondation, obéit aux principes de légalité, d’impersonnalité, de moralité, de publicité. »

Les groupes vulnérables de la population pour lesquels nous exigeons une réponse au COVID-19 sont : les habitants des favelas, les femmes, les populations indigènes, les personnes LGBTQI, particulièrement les personnes transgenres, les quilombolas (descendants d’esclaves), les personnes migrantes et réfugiées, les sans-abris, les détenu·e·s, les personnes âgées, les enfants et les adolescents appartenant à ces divers groupes, les populations noires, et les travailleurs indépendants ou employés dans le secteur informel.

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