Brésil : traduire en justice tous les responsables présumés de la mort de Marielle Franco

Les autorités brésiliennes doivent donner la priorité à la résolution de l’affaire de l’homicide de la défenseure des droits humains Marielle Franco et de son chauffeur Anderson Gomes et traduire en justice tous les responsables présumés, a déclaré Amnesty International le 13 avril, un mois après l’homicide.

« La société doit savoir qui a tué Marielle Franco et pourquoi. Chaque jour qui passe sans que cette affaire soit résolue augmente les risques et l’incertitude pour les défenseur-e-s des droits humains  », a déclaré Jurema Werneck, directrice d’Amnesty International Brésil.

« Si l’État ne traduit pas les responsables présumés en justice, cela laisserait entendre que les défenseur-e-s des droits humains peuvent être tué-e-s en toute impunité. Les autorités doivent faire savoir clairement que ce n’est pas le cas et prendre sans délai les mesures nécessaires pour déterminer qui a tué Marielle Franco et qui a donné l’ordre de la tuer. »

Élue au Conseil municipal de Rio de Janeiro en 2016, Marielle Franco s’était illustrée en défendant les droits des personnes LGBT et en dénonçant les violences policières et les exécutions extrajudiciaires, particulièrement dans les favelas. Quelques jours avant qu’elle soit tuée, elle avait été nommée rapporteure de la commission spéciale créée pour surveiller l’intervention des forces armées dans les opérations de sécurité publique à Rio de Janeiro.

Marielle Franco et son chauffeur ont été abattus le 14 mars alors qu’ils traversaient en voiture le quartier d’Estacio, à Rio, après un débat public auquel elle avait participé. Au moins 13 coups de feu ont été tirés, dont quatre ont touché Marielle Franco à la tête. La nature de la fusillade et les informations selon lesquelles les assaillants se trouvaient à bord de deux véhicules semblent indiquer que l’assassinat avait été méticuleusement préparé et qu’il a été perpétré par des personnes entraînées.

Amnesty International demande aux autorités brésiliennes de diligenter sans délai une enquête approfondie, impartiale et indépendante qui permettra d’identifier non seulement les tireurs, mais aussi les personnes qui ont commandité l’assassinat.

Si ces personnes ne sont pas identifiées, des dizaines de défenseur-e-s des droits humains seront en danger. Le Brésil, où au moins 57 défenseur-e-s des droits humains ont trouvé la mort en 2017, est l’un des pays les plus dangereux pour les défenseur-e-s des droits humains. Ces homicides découragent la mobilisation, alimentent la peur et réduisent la société au silence.

« L’homicide d’une défenseure des droits humains noire et lesbienne qui s’est battue pour défendre les groupes les plus marginalisés de la société visait clairement à l’empêcher de faire entendre sa voix et à provoquer la peur et l’insécurité. Mais nous continuerons d’élever nos voix. Des personnes se sont mobilisées au Brésil et ailleurs dans le monde depuis l’homicide de Marielle Franco, et elles continueront de se battre jusqu’à ce que la vérité soit révélée et que justice soit faite. Ils ont essayé de nous faire taire, mais nous leur avons montré que nous n’avions pas peur.  »

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