Brésil. Les policiers devant leurs responsabilités

Brésil. Nouvel espoir de justice pour un garçon de 10 ans abattu lors d’une opération de la police militaire

La décision du Bureau du procureur général de Rio de Janeiro d’engager des poursuites pour le meurtre d’un garçon de 10 ans dans une favela (bidonville) au mois d’avril est une avancée positive vers la supervision externe des actions policières, a déclaré Amnesty International jeudi 19 novembre.

Eduardo de Jesus Ferreira, jeune garçon noir, a été abattu d’une balle dans la tête lors d’une opération menée par la police au complexe d’Alemão, l’une des plus grandes favelas de la ville, le 2 avril dernier.

« Les circonstances qui entourent la mort du jeune Eduardo pourraient marquer un tournant décisif dans la lutte contre l’impunité et la décision du procureur va dans le bon sens pour garantir un contrôle externe des actions de la police, a déclaré Átila Roque, directeur d’Amnesty International Brésil.

« C’est crucial lorsque l’on parle d’une force de police qui a tué plus de 1 000 personnes entre 2014 et 2015 dans le cadre d’affrontements présumés. La transparence dans cette enquête sera une manière de protéger tout le monde. »

Le procureur général a inculpé le 18 novembre l’officier militaire en charge de l’opération, mettant en avant les contradictions dans l’enquête menée par l’unité chargée des homicides, qui a clos le dossier en septembre.

D’après l’enquête interne, le garçon a été tué par une balle perdue lors d’une fusillade avec des criminels armés ; toutefois, les témoignages de la famille, de voisins et même de deux policiers impliqués ont soulevé des doutes sur le fait que l’affrontement a eu lieu au moment où le jeune garçon a été tué.

Plusieurs facteurs contribuent à l’impunité dans les cas d’homicides imputables à la police au Brésil. Les recherches d’Amnesty International Brésil ont notamment mis en lumière le traitement différent réservé aux affaires classées dans la catégorie « résistance suivie de mort » par rapport aux homicides en général ; en outre, il est fréquent que les scènes de crime soient modifiées dans ce type d’affaires – les policiers enlevant le cadavre et plaçant des armes ou d’autres « preuves » à proximité du corps.

La mère de la victime, Terezinha Maria de Jesus, entame actuellement une tournée dans divers pays européens aux côtés d’Amnesty International pour faire connaître sa campagne sur le Brésil « Jeune, noir et en vie ».

L’objectif de cette campagne est d’attirer l’attention sur la nécessité de prendre des mesures concrètes afin de mettre un terme aux homicides commis par la police et d’ouvrir un débat plus large sur le taux d’homicides en forte hausse chez les jeunes.

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