Brésil. Nouvelles attaques criminelles à São Paulo

Déclaration publique

AMR 19/025/2006

Amnesty International a condamné ce vendredi 14 juillet les assassinats et autres attaques perpétrés cette semaine dans l’État de São Paulo par les membres d’une organisation criminelle – le PCC, Primeiro Comando da Capital ou Premier commando de la capitale.

Depuis le11 juillet, le PCC aurait orchestré 106 attaques contre des bus, des banques, des supermarchés, des postes de police et différents autres lieux. Selon les chiffres officiels, huit personnes auraient été tuées mais les médias estiment que leur nombre est beaucoup plus élevé.

Pour Amnesty International, rien ne saurait justifier des attaques avec violence contre des civils ou des représentants de la loi ; ce type d’actes criminels ne fait que mettre en péril l’assurance pour tous de pouvoir bénéficier d’une sécurité publique efficace, basée sur le respect des droits humains, à São Paulo.

Les réponses à ces attaques doivent être conformes au droit national et international et les autorités fédérales et de l’État ne doivent pas permettre d’opérations de représailles par des policiers ou des personnes soupçonnées d’être membres d’ « escadrons de la mort » - comme cela se serait produit après des atrocités similaires perpétrées en mai par le PCC.

Le recours à a force illégale ne ferait qu’aggraver la crise de sécurité publique qui alimente ces attaques criminelles tout en continuant à mettre en danger des policiers et surveillants de prison mal préparés et mal équipés.

Tous les candidats aux élections, que ce soit au niveau des États ou au niveau fédéral, doivent éviter la tentation d’utiliser cette vague de violence à des fins politiques.

Il incombe aux autorités municipales, régionales et fédérales de collaborer pour assurer la sécurité immédiate de tous les citoyens de São Paulo et les mettre à l’abri d’attaques criminelles et d’actes potentiels de représailles de la part des responsables de l’application des lois.

Amnesty International demande instamment aux autorités de réfléchir à des mesures à court et à long terme visant à mettre fin au vide existant en matière de politique de sécurité publique tant au niveau des États qu’au niveau fédéral depuis une trentaine d’années.


Complément d’information

Le PCC est une organisation criminelle qui a vu le jour dans les prisons de São Paulo. Fondé ostensiblement dans le but de combattre la violence et l’injustice dont souffrent les détenus, il est devenu une force criminelle puissante au sein de l’État au cours des dix dernières années.

Les dernières attaques se sont produites après une vague de violence qui a frappé l’État de São Paulo en mai ; le PCC a mené 299 attaques dans l’État de São Paulo et provoqué 80 émeutes dans les prisons de plusieurs États (voir AMR 19/023/2006, 15 mai 2006)

De source officielle, 42 responsables de l’application des lois et quatre civils ont été tués lors de ces attaques et 92 auteurs présumés d’actes criminels lors d’actions policières. Toutefois, ces chiffres sont contestés par les avocats de l’assistance judiciaire, la commission de défense des droits humains de l’État et des groupes de défense des droits humains ; selon certaines informations, des centaines de personnes auraient pu être exécutées lors d’opérations de représailles menées par des policiers.

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