BUREAU EUROPÉEN D’AMNESTY INTERNATIONAL POUR L’UNION EUROPÉENNE : premier test pour la « nouvelle » approche de l’Union européenne vis-à-vis de la Russie, déclare Amnesty International

Index AI : NWS 11/054/2004
ÉFAI

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU BUREAU EUROPÉEN D’AMNESTY INTERNATIONAL POUR L’UNION
EUROPÉENNE

(Bruxelles, 9 mars 2004) Amnesty International a appelé ce mardi 9 mars le
ministre irlandais des Affaires étrangères, Brian Cowen, qui représente
actuellement la présidence de l’Union européenne, à traduire en pratique
l’objectif récemment affirmé de l’Union européenne : rendre les relations de
l’Union européenne avec la Russie « plus efficaces », en exigeant du
ministre russe des Affaires étrangères, Igor Ivanov, lors des discussions de
jeudi à Dublin, des réponses concrètes concernant la protection des droits
humains en République tchétchène.

Au cours des seules dernières semaines, Amnesty International a lancé trois
appels urgents au gouvernement russe concernant la « disparition » ou
l’enlèvement de civils tchétchènes, perpétrés semble-t-il par des membres
des forces fédérales russes.

(voir Appels urgents d’Amnesty International - Tchétchénie, janvier-février
2004, http://web.amnesty.org/library/Index/FRAEUR460082004

http://web.amnesty.org/library/Index/FRAEUR460062004

http://web.amnesty.org/library/Index/FRAEUR460022004)

Parmi eux, on compte un chauffeur travaillant pour un journaliste américain,
deux femmes tchétchènes, l’une veuve et l’autre dont le mari a « disparu ».
En outre, un défenseur tchétchène des droits humains, très connu, a
récemment été arrêté et soumis à de mauvais traitements aux mains de la
police en Ingouchie voisine dans le cadre d’une campagne de persécution
menée depuis longtemps par les autorités russes.

« Après l’échec de la présidence italienne sortante de l’Union européenne,
qui n’a pas su interpeller le président russe à propos des graves violations
des droits humains perpétrées en Tchétchénie et la perte de crédibilité qui
en a résulté pour la politique étrangère de l’Union européenne, Amnesty
International attend de la présidence irlandaise de l’Union européenne
qu’elle adopte une attitude plus ferme avec la Russie cette fois-ci », a
déclaré Dick Oosting, directeur du Bureau européen d’Amnesty International
pour l’Union européenne.

Amnesty International rappelle que la Commission européenne a récemment
proposé que lors de toute discussion avec la Russie, « les évènements
politiques récents montrant une application discriminatoire de la loi ou le
non-respect des droits humains fassent l’objet de protestations vigoureuses
et cohérentes de l’Union européenne et de ses États membres.

« Nous espérons que cette fois, le ministre irlandais des Affaires
étrangères ne se contentera pas d’assurances vagues selon lesquelles les
choses iraient mieux en Tchétchénie. L’Europe ne peut fermer les yeux plus
longtemps sur cette crise des droits humains qui se déroule aux portes mêmes
de l’Union européenne ».

« Nous appelons également l’Union européenne à adopter une position
collective plus forte à propos de la Tchétchénie lorsque s’ouvrira la
prochaine session de la Commission des droits de l’homme des Nations unies à
Genève la semaine prochaine. Cette année, l’Union européenne doit proposer
et faire pression pour que soit adoptée une résolution appelant la Russie à
faire face à ses responsabilités au regard du droit international », a
déclaré Dick Oosting.

La situation en Tchétchénie

En dépit de l’insistance du gouvernement russe à parler de retour à une vie
normale en Tchétchénie, Amnesty International continue de recevoir des
informations crédibles faisant état de graves violations du droit
humanitaire et relatif aux droits humains.

Ces informations font état de l’existence de lieux de détention secrets et
illégaux dans lesquels des Tchétchènes (des hommes pour la plupart, mais il
y aurait aussi des femmes) interpellés lors d’opérations commando seraient
détenus et souvent torturés. Le nombre de ces centres semble en augmentation
et selon d’autres sources, des centres du même type existeraient également
en dehors de la Tchétchénie.

Des civils tchétchènes ayant déposé plainte auprès de la Cour européenne des
droits de l’homme, ainsi que des personnes ayant défendu des victimes
seraient soumis à des actes de torture, des mauvais traitements et seraient
même victimes d’exécutions extrajudiciaires. Les forces de sécurité russes
en Tchétchénie continuent de bénéficier d’une impunité quasi totale en dépit
des graves violations du droit international humanitaire et relatif aux
droits humains commises par elles.

Dans le même temps, Amnesty International a condamné sans réserve l’homicide
sans discrimination de civils dans l’attentat à la bombe du métro de Moscou,
le 6 février, au cours duquel 41 personnes ont été tuées et plus d’une
centaine d’autres blessées. Rien ne saurait justifier l’homicide
indiscriminé de civils. Amnesty International déplore toutefois la vague
d’hostilité qui lui a été signalée envers les Tchétchènes et les personnes
originaires d’autres régions du Caucase après l’attentat du métro ;
vérifications d’identité arbitraires, fouilles, propos discriminatoires et
agressions à caractère raciste se seraient multipliés.

Trois questions pour l’Union européenne

Avant le sommet Union européenne-Russie de novembre dernier à Rome, Amnesty
International avait demandé à l’Union européenne de poser trois questions au
président russe Vladimir Poutine. Aucune réponse de l’Union européenne ne
lui est parvenue.

Amnesty International répète ces trois mêmes questions au ministre irlandais
des Affaires étrangères pour qu’il les pose à son homologue russe, en
espérant que cette fois l’Union européenne obtiendra quelques résultats
concrets de sa « nouvelle » relation avec la Russie.

 Question :

Le gouvernement russe va-t-il permettre que des observateurs internationaux,
notamment des membres d’organisations internationales, chargés de veiller au
respect des droits humains travaillent librement en Tchétchénie et donner
les dates auxquelles des experts de la Commission des droits de l’homme des
Nations unies (rapporteurs spéciaux sur la torture, les exécutions
extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires et sur la violence contre les
femmes) pourront se rendre en Tchétchénie ?

 Question :

La Russie peut-elle s’engager à mettre immédiatement un terme à ses
tentatives de rapatriement forcé des Tchétchènes déplacés en attendant que
ces derniers puissent regagner volontairement en toute sécurité et dans la
dignité leur ville ou village d’origine ou l’endroit de leur choix et
peut-elle s’engager à leur assurer une assistance humanitaire et une
protection convenable ?

 Question :

Le gouvernement russe veillera-t-il à ce qu’une action immédiate soit
entreprise pour traduire en justice les auteurs présumés de graves atteintes
aux droits humains perpétrées durant le conflit en Tchétchénie ?

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