Cambodge : Craintes pour la sécurité d’un défenseur des droits du travail

Les autorités thaïlandaises ont sorti le défenseur cambodgien des droits du travail Rath Rott Mony d’un centre de détention en Thaïlande et l’ont sans doute renvoyé de force au Cambodge.

«  Si elle a renvoyé de force Rath Rott Mony au Cambodge, où il risque d’être poursuivi en justice pour des accusations à caractère politique et incarcéré, la Thaïlande a fait montre d’un mépris flagrant pour les obligations qui lui incombent au titre du droit international. Si son renvoi forcé a bien eu lieu, la Thaïlande doit ouvrir une enquête et amener les représentants de l’État soupçonnés à rendre des comptes, a déclaré Katherine Gerson, chargée de campagne sur la Thaïlande à Amnesty International.

« Les autorités cambodgiennes et thaïlandaises doivent immédiatement révéler le lieu où se trouve Rath Rott Mony et sa situation au regard de la loi, car aucune information n’a été livrée à ce sujet. En aucun cas il ne doit être privé de la possibilité de consulter rapidement un avocat et de communiquer avec sa famille. »

Complément d’information

Selon les informations dont dispose Amnesty International, les autorités thaïlandaises ont transféré Rath Rott Mony du Centre de Détention pour migrants de Suan Phlu à Bangkok, pour le remettre entre les mains des autorités cambodgiennes.

Les autorités thaïlandaises l’ont arrêté à Bangkok le 7 décembre à la demande des autorités cambodgiennes, en lien avec l’aide qu’il a apportée à la réalisation d’un documentaire de Russia Today sur l’exploitation sexuelle des mineurs au Cambodge.

Amnesty International avait demandé aux autorités thaïlandaises de ne pas le renvoyer au Cambodge, où il risque d’être victime de persécutions. Celles-ci ont refusé qu’un avocat le rencontre au centre de détention le 11 décembre 2018.

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