Cambodge. Le jugement rendu contre des militants de l’opposition à l’issue d’un procès inique doit être annulé

"Les autorités cambodgiennes doivent immédiatement annuler les condamnations prononcées pour des motifs politiques contre 11 militants de l’opposition ce mardi 21 juillet à l’issue de procès d’une flagrante iniquité", a déclaré Amnesty International.

Le 21 juillet, un tribunal de Phnom Penh, la capitale du pays, a condamné 10 jeunes militants et un responsable du parti d’opposition Parti du sauvetage national du Cambodge (PSNC) à des peines allant de sept à 20 ans d’emprisonnement pour des chefs d’«  insurrection  ».

"Ce procès n’a pas respecté les garanties les plus élémentaires pour l’équité des procès, et les condamnations de ces 11 militants doivent être immédiatement annulées", a déclaré Rupert Abbott, directeur de la recherche pour la région Asie du Sud-Est et Océanie à Amnesty International.

« La procédure a été entachée d’irrégularités et les accusés ont été privés du droit d’être jugés par un tribunal indépendant et impartial. »

Les accusations sont liées à une manifestation qui a eu lieu à Phnom Penh dans le parc de la Liberté le 15 juillet 2014 au sujet des élections controversées, et qui s’est terminée par de violents affrontements entre des manifestants et des membres de la police auxiliaire.

Les arrestations de militants de l’opposition qui ont suivi ont eu lieu alors que le Parti du peuple cambodgien, au pouvoir, négociait avec le PSNC pour résoudre un litige qui durait depuis un an au sujet des résultats des élections législatives de juillet 2013.

Un certain nombre de ceux qui ont été condamnés ce 21 juillet ont récemment participé à des actions menées par le PSNC pour attirer l’attention sur ce qui constitue selon lui des tentatives du Viêt-Nam d’empiéter sur le territoire cambodgien.

"Il semble que le système judiciaire cambodgien a une fois de plus été utilisé à des fins politiques pour museler la dissidence ; les condamnations pour participation ou incitation à "une insurrection" sont particulièrement saugrenues", a déclaré Rupert Abbott.

« Les condamnations prononcées ce 21 juillet, qui suivent de près l’adoption par le gouvernement d’une nouvelle loi répressive sur les ONG, devraient inciter la communauté internationale à réagir. Les vieilles habitudes ont la vie dure dirait-on, et la "culture du dialogue" semble paralysée. »

Amnesty International demande l’annulation de ces condamnations et la remise en liberté des 11 militants, à moins qu’ils ne soient inculpés d’infractions reconnues par le droit international et jugés selon une procédure équitable respectant les obligations internationales du Cambodge en matière de droits humains, et placés en détention sur décision d’un tribunal indépendant.

Complément d’information

Le procès des 11 militants a suscité un certain nombre d’inquiétudes concernant les normes d’équité. Le tribunal a décidé, alors que cela n’était pas nécessaire, de recourir dans cette affaire à une procédure accélérée, ce qui a amené des avocats de la défense à boycotter le procès. En conséquence, lors de l’audience qui s’est tenue le 21 juillet dans la matinée, seul un des avocats de la défense était présent. Contre toute attente, les juges ont demandé à entendre les exposés finaux, rejeté la requête des accusés demandant un ajournement jusqu’à ce que leurs avocats puissent comparaître, et délibéré pendant 15 minutes seulement avant de rendre leur verdict et de prononcer les condamnations. Aucun élément de preuve n’a été produit pendant le procès pour étayer les chefs d’accusation, eux-mêmes basés sur une loi d’une portée trop large pouvant donner lieu à des abus.

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