Cambodge : Une condamnation pour « outrage au roi » représente une nouvelle forme de répression

Ban Samphy a été condamné à sept mois d’emprisonnement et à une autre peine de cinq mois d’emprisonnement avec sursis pour « outrage au roi », parce qu’il a partagé un billet sur Facebook.

«  Ban Samphy se retrouve derrière les barreaux parce qu’il s’est exprimé : il n’a fait que cliquer sur le bouton "partager" pour diffuser un billet qui ne contenait rien d’autre qu’une critique pacifique. Les autorités doivent le libérer immédiatement et sans condition, et sa condamnation doit être annulée, a déclaré Minar Pimple, directeur général des opérations mondiales à Amnesty International.

«  Il s’agit d’un verdict politique éhonté. En début d’année, le gouvernement de Hun Sen a intégré cette disposition sur le crime de "lèse-majesté" dans le Code pénal pour museler ceux qui expriment pacifiquement des critiques, comme le montre cette première condamnation. Cette disposition doit être abrogée. »
 

Complément d’information

Ban Samphy, barbier âgé de 70 ans et ancien représentant de l’opposition de Siem Reap, a été emprisonné pour avoir partagé sur Facebook un billet critiquant le Premier ministre Hun Sen et le « faux roi », pour reprendre les termes de ce billet, au sujet d’un projet de barrage.

La modification de l’article 437 du Code pénal a été soumise à l’Assemblée nationale en février 2018 par le Parti du peuple cambodgien de Hun Sen, qui détient tous les sièges. Cette modification de la législation prévoit que « l’utilisation de mots, d’une gestuelle, d’écrits, de dessins ou d’objets portant atteinte à la dignité d’une personne constitue un outrage » et que l’« outrage au roi est puni d’une peine de un an à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de 2 millions [500 dollars des États-Unis] à 10 millions de riels [2 500 dollars des États-Unis]. » Ban Samphy a été arrêté en mai 2018 parce qu’il était soupçonné d’avoir violé ces dispositions.

Deux autres personnes ont été inculpées au titre de ce texte et sont en attente de leur procès. L’une de ces personnes est Sam Rainsy, représentant de premier plan de l’opposition qui vit en exil.

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