Communiqué de presse

Cameroun. Il faut garantir un traitement équitable à un journaliste détenu

Les autorités camerounaises doivent veiller à ce que le journaliste Gérard Kuissu, actuellement en détention, soit traité avec humanité, a déclaré Amnesty International mardi 17 mars 2015. Le Cameroun doit faire en sorte qu’il soit traité conformément au droit international relatif aux droits humains et qu’il bénéficie de tous ses droits en matière de procès équitable et de garanties contre les mauvais traitements.

Gérard Kuissu, cyberjournaliste et coordinateur du groupe de défense des droits humains Tribunal Article 53 a été arrêté avec trois de ses collègues dans la nuit du samedi 14 mars 2015 à Douala, après avoir rencontré des délégués d’Amnesty International en mission dans le pays. Ses trois collègues ont été libérés après deux heures et demi d’interrogatoire, mais lui a été transféré dans un centre de détention de la capitale, Yaoundé, géré par le ministère de la Défense. Les autorités doivent l’inculper d’une infraction reconnue par la loi ou le remettre en liberté. Il est détenu sans inculpation depuis trois jours.

« L’arrestation et le transfert de Gérard Kuissu sont extrêmement préoccupants ; les autorités camerounaises doivent veiller à ce qu’il puisse entrer en contact avec son avocat, qu’il soit traité humainement et que son droit à une procédure régulière soit respecté. Il doit pouvoir rencontrer régulièrement et librement son avocat, être présenté rapidement à un juge et ne pas être poursuivi devant un tribunal militaire. S’il n’existe pas de preuves suffisantes pour l’inculper d’une infraction reconnue par la loi, il doit être immédiatement libéré », a déclaré Stephen Cockburn, directeur régional adjoint d’Amnesty International pour l’Afrique occidentale et l’Afrique centrale, qui a rencontré Gérard Kuissu juste avant son arrestation.

« Il est indispensable de protéger la liberté des journalistes et des militants d’enquêter et de communiquer sur des questions relatives aux droits humains sans crainte ni intimidation. Si Gérard Kuissu est maltraité, ou si d’autres journalistes sont arrêtés, ce sera un signal très inquiétant en ce qui concerne l’engagement du Cameroun à respecter les droits humains. »

Gérard Kuissu avait déjà été arrêté (puis libéré sans inculpation) en décembre 2014 pendant une cérémonie de remise de prix organisée par le Tribunal Article 53 pour célébrer le rôle du journalisme dans la lutte contre l’impunité. Il était rentré récemment de la province de l’Extrême-Nord, où le Cameroun est engagé dans des combats avec Boko Haram.

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