Cameroun : Libération des leaders de la société civile

 
En réaction à la décision du président, le 30 août, d’abandonner toutes les charges retenues contre les leaders de la société civile et plusieurs personnes arrêtées en lien avec les troubles qui ont secoué ces derniers mois les régions anglophones du Cameroun, Samira Daoud, directrice régionale adjointe pour l’Afrique de l’Ouest et centrale à Amnesty International, a déclaré :
 

« La décision d’abandonner toutes les charges et de libérer des dirigeants de la société civile anglophone, notamment l’avocat Nkongho Felix Agbor-Balla et Fontem Aforteka’a Neba, ainsi que plusieurs personnes ayant passé plus de six mois derrière les barreaux, est un énorme soulagement et une bonne nouvelle pour tous ceux qui ont fait campagne en faveur de ces libérations. Ils n’auraient jamais dû être arrêtés ni poursuivis en justice pour avoir participé à l’organisation de manifestations pacifiques et non violentes.

«  Toutefois, n’oublions pas que les autorités camerounaises détiennent encore de nombreuses personnes pour des accusations fallacieuses en lien avec la sûreté nationale.

 
« Fomusoh Ivo Feh et ses deux amis ont été condamnés à 10 ans d’emprisonnement pour avoir partagé une simple plaisanterie sur Boko Haram par texto. Ahmed Abba, correspondant en haoussa de Radio France Internationale (RFI), est également incarcéré pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression. Ils doivent être remis en liberté immédiatement et sans condition.

« Aboubakar Siddiki, dirigeant du parti politique Mouvement patriotique du salut camerounais, et Abdoulaye Harissou, un notaire réputé, sont maintenus en détention sans jugement depuis plus de trois ans pour des accusations forgées de toutes pièces. »
 

Complément d’information

Dans l’après-midi du 30 août, un décret présidentiel diffusé à la radio publique nationale indiquait que le président Paul Biya avait décidé d’abandonner toutes les charges pesant sur Nkongho Felix Agbor, Fontem Neba, Paul Ayah Abine et d’autres personnes arrêtées au cours des troubles qui ont secoué les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun.
 
Selon le décret, la décision a été prise dans le droit fil des diverses mesures déjà adoptées par les autorités pour amener des solutions pacifiques aux préoccupations exprimées par les populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
 
Nkongho Felix Agbor-Balla et Fontem Aforteka’a Neba, respectivement président et secrétaire général du Consortium de la société civile anglophone du Cameroun (CACSC), ont été arrêtés le 17 janvier 2017.
 
Tous deux avaient signé des déclarations publiques demandant que les manifestations se déroulent sans violence. Ils avaient été inculpés de huit chefs d’accusation devant un tribunal militaire pour incitation à l’hostilité envers le gouvernement, sécession, guerre civile, diffusion de fausses informations, résistance collective et incitation à prendre les armes. S’ils étaient reconnus coupables, ils encouraient la peine de mort.

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