CANADA : Amnesty International est consternée par le refus des autorités canadiennes d’habiliter son délégué à observer le déroulement du G8

Index AI : AMR 20/004/02

Amnesty International s’est déclarée ce jour (mardi 25 juin 2002) déçue et consternée par le refus des autorités canadiennes d’habiliter un délégué de l’organisation à observer le maintien de l’ordre au cours du sommet du G8.

Après s’être publiquement déclarée favorable à l’envoi d’un observateur d’Amnesty International au sommet du G8, la police a ensuite refusé d’accorder son habilitation au représentant de l’organisation, en affirmant qu’il ne possédait pas « les qualifications et les connaissances juridiques requises pour procéder à des observations équilibrées et objectives ».

« Amnesty International réfute énergiquement les allégations selon lesquelles les compétences requises pour observer le maintien de l’ordre dans le cadre du sommet du G8 feraient défaut de quelque manière que ce soit à son représentant », a souligné aujourd’hui l’organisation de défense des droits humains.
L’envoyé d’Amnesty International chargé d’observer le comportement des forces de sécurité à l’occasion du Sommet des Amériques de Québec, en avril 2001, y avait été dûment autorisé par la police. L’organisation ne voit aucune différence notable entre l’expérience et les connaissances de ce délégué et de celui qu’elle enverra au prochain sommet du G8.

La personne chargée par Amnesty International d’assister au sommet du G8 organisé à Calgary est Joshua Rubenstein, directeur du bureau régional du nord-est des États-Unis de l’organisation. Cet homme travaille dans le domaine des droits humains depuis vingt-sept ans et a précédemment participé à des missions internationales en Israël, en Russie et en Ouzbékistan.

« Fort d’une longue expérience et de compétences reconnues en matière de droits humains, Joshua Rubenstein peut en outre se prévaloir de la réputation d’impartialité et d’équité d’Amnesty International. En tant que délégué international, il représente le million de membres que compte l’organisation dans le monde. Il est inacceptable que la police de Calgary ait refusé de l’habiliter à remplir sa mission, et nous appelons les autorités à revenir immédiatement sur cette décision », a déclaré Amnesty International.

L’organisation s’est précédemment déclarée préoccupée par le comportement des forces de l’ordre au cours de réunions politiques au Canada. Ainsi, en avril 2001, Amnesty International avait déploré que des policiers aient eu abusivement recours à la force au cours du Sommet des Amériques organisé à Québec. Elle s’était notamment déclarée préoccupée par l’usage abusif de gaz lacrymogène contre des manifestants qui s’étaient abstenus de toute action violente et qui ne représentaient aucunement une menace pour des biens ni pour la police – en particulier par le fait que des cartouches de gaz lacrymogène avaient été tirées directement sur des personnes et dans des propriétés privées sans raison apparente –, et par l’emploi de balles en plastique dans des situations où ni la sécurité de policiers ni le bon déroulement du sommet n’étaient menacés.

Amnesty International est pleinement consciente du fait que le maintien de l’ordre lors d’événements aussi importants que les sommets du G8 constitue une tâche complexe et souvent ardue. « Nous saluons la détermination de la police à assurer le maintien de l’ordre de manière "mesurée et équilibrée" lors des manifestations organisées à l’occasion du sommet du G8, et nous appelons les autorités à coopérer pleinement avec ceux qui tenteront de veiller à ce que tous les policiers respectent les normes internationales relatives aux droits humains au cours des prochains jours.

« Nous estimons que notre observateur contribuera à la protection des droits humains, ainsi qu’à réfuter toute accusation mensongère de violation des droits fondamentaux qui pourrait être portée contre des membres des forces de l’ordre. »

Complément d’information

Amnesty International avait demandé aux autorités chargées du maintien de l’ordre au cours du sommet du G8 d’habiliter son délégué à remplir ses fonctions d’observateur en même temps que cinq autres personnes, représentant l’Alberta Civil Liberties Association. Ces six délégués ont tous été informés par courrier que leur demande était rejetée le 21 juin 2002, quelques jours seulement avant le début du sommet. Les autorités responsables du maintien de l’ordre lors du Sommet des Amériques qui avait eu lieu à Québec, en avril 2001, avaient pourtant accordé leur habilitation à une délégation d’observateurs similaire.

Amnesty International craint que l’absence d’une telle autorisation ne réduise considérablement la capacité des délégués à observer le maintien de l’ordre au cours du sommet du G8, dans la mesure où elle limitera leur liberté de mouvement entre forces de sécurité et manifestants. En outre, si des violences devaient avoir lieu, Amnesty International craint que la police ne puisse faire la différence entre des protestataires violents et de simples observateurs, auxquels l’absence d’habilitation ferait courir des risques accrus.

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