CHILI : Des actes concrets sont nécessaires pour mettre fin à la torture

Index AI : AMR 22/003/2004
ÉFAI

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Interdire la torture en droit ne suffit pas ; des mesures concrètes doivent être prises de toute urgence pour mettre un terme à cette pratique abominable, a déclaré Amnesty International ce lundi 10 mai 2004, à la veille de l’examen par le Comité des Nations unies contre la torture du troisième rapport périodique sur le Chili.

Même si, au cours de ces dernières années, les autorités chiliennes ont pris un certain nombre d’initiatives visant à protéger les droits humains, des actes de torture et mauvais traitements continueraient de se produire dans le pays. Le Chili ne respecte toujours pas entièrement les obligations contenues dans la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (Convention contre la torture) à laquelle il est État partie.

Parmi ces initiatives, il y a la création d’une Commission nationale sur la torture et l’emprisonnement politique, fruit d’une proposition relative aux droits humains faite par le président Ricardo Lagos en août 2003, pour traiter le problème des milliers de survivants d’actes de torture du temps du gouvernement militaire.

« Amnesty International espère que toutes les affaires de torture soumises à la Commission nationale seront examinées et les victimes reconnues officiellement et indemnisées, après plus de vingt ans d’attente.

« Les actes de torture et les mauvais traitements ne se sont pas produits seulement dans le passé, ils sont encore courants dans le pays, a déclaré Amnesty International. Les mesures prises par le gouvernement chilien, comme la réforme de la procédure pénale lancée en décembre 2000 et la reconnaissance en droit interne chilien, en 1998, de la torture comme une infraction punie par la loi, doivent aujourd’hui être confortées par des actes concrets si l’on veut que la torture soit totalement éradiquée du Chili. »

Une délégation d’Amnesty International s’est rendue au Chili en mars 2003. Elle a constaté que les conditions de détention dans les prisons, notamment le surpeuplement carcéral, conduisaient à des actes de torture et des mauvais traitements.

En janvier 2003, les prisonniers politiques détenus à la prison Colina II de la Région métropolitaine, ont été brutalement frappés et aspergés d’eau par des gardiens et des membres du Grupo Especial Antimotines (Unité spéciale antiémeutes des prisons).

Des actes de torture ont également été signalés dans les rangs des militaires eux-mêmes. Selon certaines informations, les appelés du contingent se verraient relativement couramment infliger des punitions s’apparentant à des actes de torture et des mauvais traitements. Cristóbal Auger Hinrishen, dix-neuf ans, ancien cadet de l’Académie militaire, aurait été soumis à divers mauvais traitements par ses supérieurs de l’Académie militaire, entre février et mars 2002. Cristóbal souffre à présent de stress post-traumatique.

« Il est d’une importance vitale que des enquêtes approfondies et indépendantes soient menées sur toutes les plaintes déposées pour torture ; les méthodes d’investigation et les conclusions des enquêtes doivent être rendues publiques et les personnes soupçonnées d’être responsables d’avoir commis de tels actes traduites en, justice, a déclaré Amnesty International.

« L’apparente inaction des autorités enquêtant sur les affaires de torture et mauvais traitements donne l’impression que de tels actes sont tolérés et encourage leur récurrence », a ajouté Amnesty International.

Complément d’information

Les 10 et 11 mai 2004, le Comité des Nations unies contre la torture examinera le troisième rapport périodique du Chili traitant des mesures législatives, administratives, judiciaires et autres, prises par le Chili pour se mettre en conformité avec la Convention des Nations unies contre la torture.

Amnesty International a soumis au Comité contre la torture un résumé de ses préoccupations concernant les actes de torture et mauvais traitements au Chili.

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