CHILI : L’Esmeralda entame un nouveau voyage. La justice, elle, reste à quai.

ÉFAI
Embargo : jeudi 10 mars 2005
(03 h 00 TU)

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

L’Esmeralda appareille le 13 mars pour un nouveau périple autour du monde. Le navire école de la marine chilienne a été utilisé en tant que centre de détention et de torture dans les semaines qui ont suivi le coup d’État de 1973, qui a mis en place le régime militaire tyrannique du général Pinochet.
Après avoir nié les faits pendant plus de trente ans, la marine chilienne a fini par reconnaître publiquement les détentions, les mauvais traitements et les actes de torture perpétrés à bord. Toutefois, « aucune avancée concrète n’a pu être effectuée, faute d’obtention auprès de l’armée d’informations dignes de foi sur les faits, les victimes et les responsables.
« Une fois encore, le navire école appareille sans que la justice, le gouvernement et l’armée du Chili n’aient fait le nécessaire pour dissiper le brouillard d’impunité qui enveloppe l’Esmeralda. »
La marine chilienne doit faire acte de réparation et contribuer à l’action de la justice. Elle doit donner des éléments sur ce qu’il est advenu des corps du prêtre Michael Woodward Yriberry, de Juan Yantoch, de Jaime Aldoney et de Marcelo Barrios et fournir des informations sur les responsables des violations perpétrées à bord du navire. Il s’agit là de deux dossiers clés liés aux atteintes aux droits humains commises par des militaires de la marine chilienne sur l’Esmeralda et sur d’autres navires ou installations navales.
Amnesty International engage les autorités chiliennes à faire en sorte qu’une action concrète soit entreprise concernant les graves atteintes aux droits fondamentaux perpétrées à bord du navire école l’Esmeralda. L’organisation demande aussi que soit menée une enquête indépendante et impartiale sur toutes les allégations de violations des droits humains commises sur des navires et dans des installations de la marine sous le régime militaire, que les responsables présumés de ces actes soient traduits en justice et que les victimes et leurs familles obtiennent une réparation intégrale pour le préjudice matériel et moral subi.
Amnesty International attend des autorités des pays où l’Esmeralda doit faire escale qu’elles se prononcent publiquement sur la nécessité de faire toute la lumière sur les graves violations des droits humains commises à bord du navire. L’organisation compte également que les responsables présumés seront déférés devant les tribunaux.
« Le temps est venu pour l’Esmeralda d’effectuer son périple à travers les océans enfin débarrassé de sa chape d’impunité. »
Amnesty International poursuit sa campagne en ligne « Libérez l’Esmeralda ». Pour agir et ajouter votre signature à celle de milliers d’autres personnes de par le monde, connectez-vous sur www.amnistia.cl.

Complément d’information
L’Esmeralda fera notamment escale dans les ports suivants :

19 mars Iquique (Chili)
28 mars Callao (Pérou)
6 avril Guayaquil (Équateur)
16 avril Rodman (Panamá)
23 avril Cartagena (Colombie)
6 mai Miami (États-Unis)
17 mai Norfolk (États-Unis)
26 mai Boston (États-Unis)
11 juin San Juan (Porto Rico)
5 juillet Salvador (Brésil)
15 juillet Rio de Janeiro (Brésil)
27 juillet Buenos Aires (Argentine)
14 août Punta Arena (Chili)
28 août Valparaíso (Chili)

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