Chine, persécution des musulmans du Xinjiang, l’ONU doit réagir

Antonio Guterres devrait condamner publiquement et sans équivoque les politiques abusives menées par les autorités chinoises dans le Xinjiang, et demander la fermeture immédiate des camps où sont enfermés, selon les estimations, un million de musulmans turcophones, a déclaré une coalition de cinq organisations de défense des droits humains, dont fait partie Amnesty International, dans une lettre adressée au secrétaire général de l’ONU.

« Antonio Guterres a lui-même souligné que les droits humains sont universels, sans distinction de race et de convictions et où que ce soit dans le monde. Nous lui demandons d’appliquer ce principe au million d’Ouïghours et d’autres musulmans turcophones qui continuent d’être incarcérés de façon arbitraire par les autorités chinoises dans des « camps d’éducation politique » dans le Xinjiang, a déclaré Kumi Naidoo, le secrétaire général d’Amnesty International.

« La diplomatie privée d’Antonio Guterres sur cette question n’est manifestement pas efficace. Il doit immédiatement dénoncer publiquement la persécution des musulmans dans le Xinjiang, faute de quoi l’histoire se souviendra à jamais du fait qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires en faveur de plusieurs centaines de milliers de personnes à un moment décisif. »

Lundi, Amnesty International ainsi que la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme, Human Rights Watch, la Commission internationale de juristes et le Congrès ouïghour mondial ont écrit à Antonio Guterres pour lui demander de dénoncer haut et fort les agissements du gouvernement chinois.

Dans cette lettre, la coalition demande à Antonio Guterres de soutenir la création d’une mission d’établissement des faits chargée d’évaluer l’ampleur et la nature des crimes de droit international et des violations des droits humains commises dans le Xinjiang, et de rencontrer des représentants de la communauté ouïghoure. Elle demande également au secrétaire général de l’ONU de ne pas saluer sans réserve l’initiative [1] des « Nouvelles routes de la soie » de Pékin, dans laquelle le Xinjiang occupe une position de pièce maîtresse.

« Les motifs de préoccupation quant à la situation des droits humains en Chine sont nombreux, mais l’ampleur et la gravité des violations commises dans le Xinjiang requièrent l’attention urgente de la communauté internationale, avec la multiplication du nombre de personnes appartenant à des minorités à majorité musulmane incarcérées de façon illégale, a déclaré Kumi Naidoo.

« Le simple fait que nous soyons contraints de lancer un appel publiquement au secrétaire général de l’ONU pour lui demander de dénoncer des violations d’une telle ampleur constitue un jugement accablant en ce qui concerne la stratégie menée sous sa direction. »

Depuis 2017, les autorités chinoises conduisent une campagne massive, qui va s’intensifiant, d’internement, de surveillance de la vie privée, d’endoctrinement politique et d’assimilation culturelle forcée contre les Ouïghours, les Kazakhs et les autres groupes ethniques à majorité musulmane dans la province du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine.

Les personnes envoyées dans ces camps ne sont pas jugées et sont privées d’accès à des avocats et du droit de contester leur placement en détention.

Les autorités chinoises affirment que cette campagne d’incarcération illégale menée dans le Xinjiang est une mesure nécessaire de « lutte contre le terrorisme ».

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