Chine, Il faut libérer le personnel de Changsha Funeng

Cheng Yuan, Liu Yongze et Wu Gejianxiong – le fondateur et des membres du personnel de l’ONG Changsha Funengont chacun été condamnés à des peines de deux à cinq ans d’emprisonnement lors d’un procès secret.

« Il est inadmissible que des personnes comme Cheng Yuan, Liu Yongze et Wu Gejianxiong soient arrêtées, soumises à des procès secrets et emprisonnées parce qu’elles ont choisi de consacrer leur vie professionnelle à la défense des droits de groupes marginalisés et de populations vulnérables, a déclaré le responsable de l’équipe Chine d’Amnesty International, Joshua Rosenzweig.

« Le gouvernement chinois continue sans relâche de cibler le personnel des ONG en Chine, condamnant un grand nombre de ces personnes à de longues peines d’emprisonnement à l’issue de procès iniques.

« Cette répression brutale ne laisse que peu de marge de manœuvre aux organisations de la société civile pour ce qui est de commenter utilement les décisions et les politiques du gouvernement, et elle rend presque impossible toute tentative effective de changement.

« Les autorités doivent également à ce qu’ils aient accès aux avocat·e·s de leur choix et à ce qu’ils ne soient pas soumis à la torture ni à aucun autre mauvais traitement pendant leur emprisonnement »

« Il est révoltant que les avocats désignés par le gouvernement aient même refusé d’informer les proches de ces trois hommes du sort qui leur avait été réservé. Les autorités doivent libérer immédiatement et sans condition Cheng Yuan et Wu Gejianxiong, qui sont toujours en prison et qui ont été incarcérés uniquement pour avoir défendu pacifiquement les droits humains.

« Les autorités doivent également veiller à ce qu’ils aient accès aux avocat·e·s de leur choix et à ce qu’ils ne soient pas soumis à la torture ni à aucun autre mauvais traitement pendant leur emprisonnement. »

Complément d’information

Changsha Funeng (长沙富能) est une ONG qui défend les droits des personnes avec des handicaps et d’autres groupes marginalisés, et qui lutte contre la discrimination à l’embauche dont font l’objet les personnes vivant avec le VIH et l’hépatite B, en menant des actions judiciaires.

Le responsable de cette organisation, Cheng Yuan, est un militant expérimenté dans le domaine de l’intérêt public et du droit en Chine. Il a représenté des clients dans une dizaine d’affaires de discrimination au cours de la dernière décennie, et a contribué à la réduction de la discrimination institutionnelle à l’égard des porteurs et porteuses de l’hépatite B en Chine.

« Les autorités doivent libérer immédiatement et sans condition Cheng Yuan et Wu Gejianxiong, qui sont toujours en prison et qui ont été incarcérés uniquement pour avoir défendu pacifiquement les droits humains »

En 2013, Cheng Yuan a mené une procédure historique et, pour la première fois, une personne séropositive au VIH a été indemnisée pour discrimination à l’embauche. Par ailleurs, il n’a cessé de recourir aux poursuites judiciaires et à l’action de plaidoyer pour obtenir l’abolition de la « politique de l’enfant unique » de la Chine et la réforme du système d’enregistrement des ménages (hukou). Liu Yongze et Wu Gejianxiong sont des membres du personnel de Changsha Funeng.

En juillet 2019, Cheng Yuan, Liu Yongze et Wu Gejianxiong ont été arrêtés par les autorités chinoises puis jugés dans le cadre d’un procès secret pour « subversion du pouvoir de l’État » entre le 31 août et le 4 septembre 2020. Ils n’ont été informés du verdict et des peines prononcées contre eux qu’en juillet 2021, soit 11 mois plus tard.

Ils ont été détenus au secret à la suite de leur première arrestation en 2019. Aucune information n’a été communiquée à leur famille concernant leur condamnation, mais un proche a pu vérifier des informations sur ce qu’il était advenu d’eux le 5 août 2021, indiquant que Cheng Yuan avait écopé d’une peine de cinq ans d’emprisonnement, Wu Gejianxiong de trois ans d’emprisonnement et Liu Yongze de deux ans d’emprisonnement. Liu Yongze a été libéré le 22 juillet 2021, ayant purgé sa peine.

« Cette répression brutale ne laisse que peu de marge de manœuvre aux organisations de la société civile [...] et elle rend presque impossible toute tentative effective de changement »

Les familles des trois militants avaient engagé des avocat·e·s pour chacun d’eux immédiatement après leur arrestation, mais les autorités ont fait savoir à ces avocat·e·s choisis par les familles qu’ils avaient été « renvoyés ». Les autorités ont affirmé que leur renvoi avait été demandé par les trois détenus, alors même que ces avocat·e·s choisis par les familles n’avaient jamais été autorisés à rencontrer leurs clients. Les autorités ont alors désigné des avocat·e·s pour les trois détenus. Les familles pensent que les trois hommes ont été poussés à renvoyer les avocats qu’elles avaient engagés.

Depuis mars 2020, les familles ne cessent de réaffirmer publiquement qu’elles souhaitent que les trois hommes soient représentés par les avocats qu’elles ont engagés pour eux. Or, les avocats désignés par les autorités ont refusé de se retirer de ces affaires.

Amnesty International a réuni des informations sur des cas où les autorités chinoises ont contraint des défenseur·e·s des droits humains placés en détention à renvoyer les avocat·e·s qu’ils avaient choisis, puis nommé à leur place d’autres avocat·e·s progouvernementaux chargés de les « défendre » face à des accusations motivées par des considérations politiques.

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