Communiqué de presse

Chine. Il faut que cessent les persécutions visant un dignitaire religieux ouïghour dont la peine de prison a été prolongée pour la cinquième fois

• Abdukiram Abduveli devait être libéré en 2002 mais a vu sa peine prolongée à plusieurs reprises.
• Ce dignitaire musulman est gravement malade et poursuit sa grève de la faim.

Les persécutions incessantes visant un dignitaire religieux ouïghour doivent s’arrêter, a déclaré Amnesty International en appelant les autorités chinoises à révéler pourquoi la peine d’emprisonnement d’Abdukiram Abduveli a été prolongée pour la cinquième fois.

Abdukiram Abduveli, 59 ans, a maintenant purgé le double de sa peine initialement fixée à 12 ans. Selon ses proches, il observe une grève de la faim depuis mi-février pour protester contre une peine supplémentaire de cinq ans d’emprisonnement.

« Les autorités chinoises semblent prendre Abdukiram Abduveli pour cible parce qu’il refuse d’arrêter de pratiquer sa religion. Elles doivent immédiatement expliquer pour quels motifs elles continuent de l’emprisonner, a déclaré Anu Kultalahti, spécialiste de la Chine au sein d’Amnesty International.

« Il s’agit vraisemblablement d’un nouveau cas extrême de persécution des Ouïghours par les autorités chinoises. »

D’après sa famille, Abdukiram Abduveli est maintenant gravement malade après plus de 60 jours de grève de la faim.

« Les autorités doivent s’assurer qu’Abdukiram Abduveli reçoive sans délai des soins médicaux adaptés  », a déclaré Anu Kultalahti.

Avant d’être arrêté en 1990, Abdukiram Abduveli avait voyagé dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang (nord-ouest de la Chine) en prêchant le Coran et en prônant la diffusion de l’islam.

En 1993, il a été condamné à 12 ans de prison pour « organisation d’un groupe contre-révolutionnaire », « propagande contre-révolutionnaire et « incitation à renverser le pouvoir politique ».

Au moment où il devait être libéré en novembre 2002, des surveillants pénitentiaires ont annoncé à ses proches que sa peine avait été prolongée de trois ans. La sentence d’Abdukiram Abduveli a été rallongée à trois autres reprises, en 2005, 2008 et 2011.

Sa famille n’a reçu qu’une seule fois une copie du jugement expliquant les peines de prison supplémentaires. Le jugement rendu en 2009 indiquait qu’Abdukiram Abduveli avait refusé constamment d’accepter l’éducation pénitentiaire, prié à plusieurs reprises, annoncé une grève de la faim et insulté et frappé les codétenus chargés de sa surveillance.

L’utilisation de certains prisonniers pour surveiller d’autres détenus, procéder au « travail sur la pensée » et à la « rééducation » de ces derniers et parfois les punir ou les torturer est courante dans les prisons chinoises.

Les Ouïghours subissent des restrictions des libertés religieuses, une discrimination en matière d’emploi et une marginalisation politique. Ces éléments ont attisé les tensions ethniques dans la région du Xinjiang. Plusieurs affrontements violents ont opposé des Ouïghours aux forces de sécurité au cours des dernières années.

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