Communiqué de presse

Chine. La condamnation d’une journaliste de renom à une peine de prison est une attaque contre la liberté de la presse

La condamnation de Gao Yu, journaliste très respectée, à sept ans de prison est une insulte à la justice et une attaque contre la liberté d’expression, a déclaré Amnesty International vendredi 17 avril 2015.

Gao Yu, 71 ans, a été déclarée coupable par un tribunal de Pékin de « divulgation de secrets d’État », une accusation fallacieuse. Son procès en novembre s’est tenu à huis clos. Son avocat a affirmé qu’elle ferait appel de sa condamnation.

« Cette sentence prononcée contre Gao Yu n’est rien d’autre qu’une persécution politique de la part des autorités chinoises. Gao Yu est victime des lois relatives au secret d’État, formulées en termes vagues et arbitraires, que les autorités utilisent contre les militants dans le cadre d’une attaque contre la liberté d’expression », a déclaré William Nee, chercheur sur la Chine à Amnesty International.

« Gao Yu est une prisonnière d’opinion, emprisonnée uniquement pour avoir contesté les opinions du gouvernement. Elle doit être libérée immédiatement et sans condition. »

Le gouvernement n’a pas révélé de détails concernant le « secret d’État » que Gao Yu est accusée d’avoir divulgué, se contentant de révéler qu’il s’agit d’un « document ». D’aucuns pensent qu’il s’agit d’un document idéologique interne du Parti communiste, connu comme le Document n° 9.

Dans ce document, la liberté de la presse et les « valeurs universelles », telles que la liberté, la démocratie et les droits humains, font l’objet d’une critique virulente.

« Le document que Gao Yu est accusée d’avoir divulgué ne saurait de manière légitime être classé comme un secret d’État. Au grand embarras des autorités, Gao Yu a mis au jour l’hostilité pure et simple du Parti communiste envers les droits humains, et c’est pourquoi elle est lourdement sanctionnée », a déclaré William Nee.

« La charge contre les droits humains exposée dans le Document n° 9 a servi de schéma au gouvernement chinois. Il s’agit de l’une des répressions les plus graves contre les défenseurs des droits depuis plus de 10 ans. »

Le procès inique de Gao Yu a été entaché de diverses irrégularités ; par exemple, au départ, elle n’a pas été autorisée à consulter son avocat.

En mai 2014, la télévision d’État CCTV a diffusé les « aveux » de Gao Yu. Toutefois, ses avocats affirment que sa déclaration a été obtenue illégalement : en effet, les autorités avaient également arrêté son fils, elle se sentait menacée et se trouvait sous une pression psychologique intense à cette période. En outre, elle ignorait que ses « aveux » étaient filmés.

« Les " aveux " télévisés de Gao Yu ne prouvent rien et ne font que souligner le fait qu’il y a peu de chances qu’elle bénéficie d’un procès équitable », a déclaré William Nee.

Toutes les infos

Infos liées

Toutes les actions

Actions liées